Les gens devraient être plus prudents avec le narratif officiel

Le discours des vainqueurs de 1945, incessamment matraqué par tous ses outils de communication, à commencer par le cinéma, a fait de l’Allemagne du IIIème Reich le modèle absolu, indépassable, du racisme. C’est d’autant plus savoureux que le plus puissant de ces vainqueurs, les États-Unis, vivaient dans une société qui n’avait pas encore connu le mouvement pour les droits civiques des Noirs des années 1960.

Il est intéressant de connaître les déclarations de l’athlète noir américain Jesse Owens, transformé par la propagande des vainqueurs en icône du combat antiraciste parce qu’il participa aux Jeux Olympiques de 1936 à Berlin, osant se confronter aux athlètes « aryens », à Hitler, « mécontentant » à ce que l’on nous a dit ce dernier par ses performances. Nous les reproduisons ci-après :

Sur la façon dont il a été traité à Berlin

« En Allemagne, je n’ai pas été discriminé. Ils m’ont traité comme une star. Comme un être humain. » (Interviews recueillies par l’historien Jeremy Schaap, et dans son autobiographie).

« Quand je suis revenu à mon hôtel après tous les essais, j’ai dû utiliser l’entrée principale. Aux États-Unis, je devais utiliser celle de derrière. » (Déclaration à plusieurs médias, cité dans le livre « Jesse Owens : An American Life » de William J. Baker).

À propos d’Adolf Hitler (en niant l’avoir ignoré)

« Après avoir gagné la première course, Hitler m’a salué de la main. Et je lui ai dit bonjour. (Time Magazine, interview des années plus tard).

À propos du public allemand

« Le peuple allemand m’a applaudi plus que mon propre pays. Ils m’ont fait me sentir le bienvenu. » (Cité dans plusieurs interviews ultérieures et dans son autobiographie).

À propos de Lutz Long, athlète allemand

« Il a été le premier à me féliciter. Ça m’a aidé. C’était un vrai gentleman. Plus que beaucoup à la maison. » (Owens a toujours parlé avec grand respect de son amitié avec Long).

À propos de son retour dans son pays

« Hitler ne m’a pas snobé. C’est notre président qui l’a fait. Le président ne m’a même pas envoyé de télégramme. » (Propos tenus en octobre 1936 lors d’un rassemblement républicain à Baltimore. Source : Jesse Owens : An American Life de William J. Baker).

« Après le défilé, ils ne m’ont pas laissé entrer par la porte d’entrée : j’ai dû utiliser le monte-charge du Waldorf-Astoria. » (Déclaration sur son arrivée à New York après Berlin 1936.

Source : The Jesse Owens Story (documentaire)

« Quand je suis rentré dans mon pays, je ne pouvais pas m’asseoir à l’avant du bus. J’ai dû entrer par la porte de derrière. Je ne pouvais pas vivre où je voulais. » (Déclarations lors d’interviews ultérieures)

Moralité : Les gens devraient être plus prudents avec ce que leur raconte le narratif officiel.

Lutz Long et Jesse Owens