Faisant référence au scandale du trafic des décorations achetées qui eut lieu sous Jules Grévy, Ghislain de Diesbach plus largement à propos de la légion d’honneur écrivait : « Certaines décorations sont si dévaluées qu’elles ne se vendent même plus ; elles se donnent. En certains cas, la Légion d’honneur paraît moins faite pour récompenser une belle action que pour en cacher une mauvaise, et le rouge de la honte, au lieu de monter au front, s’arrête au revers du veston ».
Louis-Ferdinand Céline a déclaré quant à lui au cours d’une interview : « Tous ceux qui m’ont volé sont, au moins, commandeurs de la Légion d’honneur. Autrefois, on pendait les voleurs aux croix. Aujourd’hui, on pend des croix aux voleurs. Et chacun est content. Merveilleux pays que ce pays de France ».
Date traditionnellement attachée à l’une des deux promotions civiles annuelles de cette légion d’honneur le 14 juillet, la presse dévoile certains noms d’affreux malfaisants, la routine au pays du scandale permanent.
Mais ce qui est dingue, c’est que ce microcosme du pouvoir qui s’auto-récompense et s’auto-congratule par la distribution de cette médaille dont la rosette est devenue un pin’s maçonnique, ne se rend même plus compte de l’outrance qu’a pris cette pratique installée. Tout ce qui est sans valeur réelle ou ayant agi de façon néfaste est ainsi promu, à côté de quelques authentiques méritants éventuels. Rien que de très normal dans un système qui a pris pour vache sacrée l’inversion des valeurs.
Le pouvoir nouveau qui un jour viendra sauver ce pays devra supprimer cette décoration et tous les avantages qui y sont associés, une autre sera établie. Et peu importe l’histoire, et qu’elle ait été créée par Bonaparte, elle est trop devenue symbole de pourriture et de corruption. Aucune personne d’esprit sain et faite de droiture ne peut accepter de recevoir cette chose. Ceux qui le font révèlent leur nature aveugle, ou conciliante/complice de cette gouvernance de démons.
Florent de Mestre

