France : fin de partie. Tout plaquer pour une nouvelle vie, titre la quatrième de couverture de l’ouvrage.

L’attachement à la patrie est-il fait de l’acier le plus dur, inaltérable, de mithril dirait le fan de Tolkien, imperméable au découragement quoi que puisse vivre un pays et quoi qu’il faille supporter ? Les romantiques répondront par l’affirmative, rien ne peut, ne doit, vaincre la flamme qui brûle dans le cœur et dans l’esprit d’un homme pour son pays, cette flamme le surpasse, elle est d’une nature pour ainsi dire sacerdotale, sacrée, dont la fidélité ne peut être contrariée, on ne peut abandonner son pays, on doit rester et tenir quelles que soient les difficultés. Hélas, en réalité, le degré de malfaisance/incompétence exceptionnelle, hors normes, d’une classe politique est capable d’en venir à bout. Et quand on n’y croit plus, que les conditions de vie sont devenues tellement désagréables, on ne voit pas d’autre solution que l’exil. Et malheur aux restants.
Il est véritablement dramatique au dernier degré qu’un pays béni des dieux, au passé grandiose, se soit dégradé au point de pousser aujourd’hui ses fils, malgré toute leur bonne volonté, à la fuite, tant ses conditions de vie, l’air idéologique ambiant, les étouffent.
Un pays si riche qui malgré son titre sinistre de Numero uno mondial des impôts et taxes se retrouve dans une telle situation dégradée dans tous les domaines, et qui poursuit ce chemin dans une espèce de routine imperturbable, quel que soit le résultat de l’élection présidentielle, quels que soient les successeurs à cette fonction dans les années à venir, sous la férule d’une classe politique arriérée, inerte à vouloir changer/améliorer les choses, dont le président du Sénat au physique gargantuesque est un archétype parfait.
Un pays où tout ce qui est décidé accroît la catastrophe, où la moindre initiative prétendant modifier ce qui est en place et ne fonctionne pas, même lorsque l’initiative vient exceptionnellement des socialistes, est instantanément contrariée, annulée, vidée de sa substance on l’a vu dans un passé récent avec la loi Darmanin sur l’immigration, on vient de le voir encore avec la proposition de loi sur la justice des mineurs par Gabriel Attal, lois bien timorées, modérées et pourtant « censurées » selon l’expression choisie par des juges administratifs (Conseil constitutionnel, Conseil d’État) à qui l’on a donné le pouvoir d’annuler la volonté de l’exécutif, délire absolu d’un système qui condamne le pays à la stagnation ou à l’aggravation de la situation lorsque les décisions dudit pouvoir ne rencontrent pas le désaccord de ces juges, précisément parce qu’elles vont contribuer à cette aggravation. Ces instances non élues se permettent de faire la loi à la place des parlementaires et sont le bras armé du suicide français. Un pays où un petit marquis sans légitimité veut coûte que coûte imposer ses lubies écologistes (les ZFE) contre la majorité de la population.
Quitter la France est bâti à partir de la multitude de classements internationaux régulièrement publiés sur à peu près tous les domaines, dont le croisement des résultats et critères permet de découvrir le pays qui correspond le mieux à ce que vous êtes et à ce que vous recherchez. Nous parlions de l’étouffoir français, l’auteur en est bien conscient, il a titré l’un de ses chapitres « Vous cherchez un pays où être (ou vous sentir) libre ? » et donne le classement international correspondant : n°1 la Finlande. La France est en 43ème position… Et pour ceux qui cherchent un pays démocratique, la France n’est qu’en 29ème position !
Nous reproduirons ci-après les premières lignes, savoureuses, de l’introduction de l’ouvrage :
Vous voulez quitter la France. Vous n’avez pas juste envie de partir à l’étranger pendant un temps, histoire de changer d’air avant de revenir au pays, riche de nouvelles expériences culturelles. Non. Vous voulez quitter la France. Définitivement. Lui dire adieu. À jamais. Hasta nunca.
Et ça devient urgent. Parce que les grèves, la chute du niveau de l’enseignement, la corruption des politiciens, le laxisme des juges, ça va bien un moment.
Et la paupérisation, le chômage non résorbable, le déclin démographique, l’agonie des service publics, l’insécurité, le véganisme, le vivrensemblisme, le macronisme, vous n’en pouvez plus.
Pas plus d’ailleurs que les cacas de chiens, le temps pourri, la télé débile, le mauvais cinéma subventionné, et le brigittemacronisme.
Or, malheureusement, la grande apocalypse climatique annoncée ne grillera probablement pas la France de votre vivant. Il faut donc partir.
Bon, pour être honnête, vous avez plutôt le sentiment que c’est la France qui veut que vous la quittiez. Parce qu’en vrai, vous y seriez bien resté, dans la France de votre enfance. Celle qui n’existe plus que dans vos souvenirs et dans les archives de l’INA, ces images que l’on regarde ébahi en se demandant ce qui a pu foirer à ce point…
