Comment expliquer la chute de la natalité ?

La natalité, pensent certains, aurait baissé en grande partie à cause de la façon dont la parentalité s’est transformée en une sorte d’ensemble d’obligations sociales en constante évolution et à haute pression.

Autrefois, il n’y avait pas de questions sur les pratiques sportives constantes, les activités parascolaires, la préparation aux examens, les visites médicales constantes, les fonds pour les études supérieures, les Noëls coûteux, et ainsi de suite.

Les enfants n’étaient pas considérés comme de petits princes et princesses, c’étaient juste des enfants, qu’on nourrissait, qu’on embrassait pour leur dire bonne nuit, on leur apprenait à lire et à travailler, et on les laissait ensuite se débrouiller seuls dans la cour ou dans le village. L’enfance n’était ni une colonie de vacances pleine de suspense, ni un symbole de statut social à exhiber en public auprès des autres parents.

Une fois que les mentalités névrotiques, consuméristes et obsédées par le statut sont devenues courantes dans la parentalité ; et qu’une avalanche massive de choses coûteuses, chronophages et à enjeux élevés a été soudainement intégrée à la parentalité, les gens ont commencé, à juste titre, à considérer le fait d’avoir des enfants comme une sorte de peine de prison coûteuse et anxiogène.

La solution à la crise de fertilité serait de considérer la parentalité depuis les années 90 comme un chapitre regrettable qui doit désormais se clore ; et de revenir à une parentalité plus décontractée, moins obsessionnelle, et se détendre un peu.

Peut-être… On peut chercher toutes les causes possibles et imaginables. Beaucoup sont vraies. Mais les deux causes fondamentales sont bien évidemment la mise des femmes sur le marché du travail et la contraception. Maîtresses de maison souveraines de leur foyer dans la complémentarité des rôles et sans la pilule, les femmes auraient des enfants et la société s’organiserait en conséquence. Comme autrefois. Les familles seraient assez nombreuses pour qu’il y ait toujours un enfant, ou plusieurs dans la solidarité familiale, qui, malgré les occupations professionnelles de chacun, veilleraient sur nos vieux jours que nous ne serions pas obligés de finir à prix d’or dans ce qu’on appelle un Ehpad selon le vocabulaire technocratique froid de l’État.