L’euthanasie est bien le seul sujet sur lequel je me trouve en accord avec la Franc-Maçonnerie qui le porte aussi discrètement qu’ardemment de longue date. Aucun argument des anti-euthanasie ne me convainc, et l’affichage qu’ils peuvent faire de malades dans des situations de handicap extrême se disant heureux de vivre, pour inciter ceux qui souhaitent en finir de ne pas le faire me paraît indécent. Pourquoi s’obstiner à vouloir imposer la vie à certains si ces personnes la vivent comme une souffrance dont ils sont las, dont ils ne veulent plus, qu’elles soient physiquement malades, handicapées, vieilles, ou pas, par des « soins palliatifs » ou par le simple refus, dans des corps qui parfois ne sont plus qu’une prison pour l’esprit ?

Les opposants à l’euthanasie semblent ne pas en être conscients, mais agir comme ils le font, contester la liberté de conscience, la liberté de choix, quelles que puissent être leurs motivations philosophiques ou religieuses, c’est cruel, sadique, arbitraire, totalitaire. Ne pas mettre en place cette loi, c’est se permettre une ingérence dans la vie des personnes en les privant d’un outil leur permettant de se libérer de leur souffrance. Ils n’ont pas à se mêler de savoir si une personne doit vivre contre sa volonté. Derrière un masque « humaniste », de bonté, ils sont en fait dans une posture égoïste, pour se donner bonne conscience (pourquoi avoir un besoin en la matière ?) en se ressentant comme faisant partie des vertueux, du « camp du Bien ». Que l’on laisse à chacun le droit de décider à quel moment il veut quitter le scène, sans juger ce qui le motive.
