Le philosophe de gauche Michel Onfray dans son ouvrage Théorie de Jésus – Biographie d’une idée (Éditions Bouquins novembre 2023) argue que Jésus, Yeshua ben Yosef de son vrai nom et rabbin, n’est qu’un mythe religieux, que l’homme n’a pas existé historiquement. Par ailleurs, la formidable enquête effectuée par Simcha Jacobovici et Charles Pellegrino publiée dans l’ouvrage Le Tombeau de Jésus (Michel Lafon, 2007) et complétée par un film documentaire produit par le célèbre cinéaste James Cameron (qui a rédigé la préface du livre) traite de la très probable découverte du tombeau du Christ dans une crypte vieille de 2 000 ans et abritant dix ossuaires dont six portent une inscription. Ce tombeau juif mis au jour par un bulldozer en 1980 lors de la construction du nouveau quartier de Talpiot-Est, à mi-chemin entre la vieille ville de Jérusalem et Bethléem, a fait l’objet d’une enquête multidisciplinaire extrêmement fouillée s’appuyant sur diverses expertises réalisées par des chercheurs réputés (on devine bien que vu l’importance du sujet et ses conséquences possibles, le Vatican et l’État d’Israël n’ont n’a pas confié ça à des amateurs) pour leurs compétence et leur indépendance, et de toutes disciplines ; archéologues, théologiens de diverses obédiences, analystes statistiques et spécialistes en A.D.N. De ces divers travaux qui se sont échelonnés sur plusieurs années, il ressort que…
La probabilité qu’il s’agisse bien du tombeau du Christ est proche de la certitude. Mais ce n’est pas la seule information apportée par ces travaux. Comme le précise Simcha Jacobovici, « personne ne remet en cause la provenance des ossuaires. L’authenticité des inscriptions n’est pas davantage controversée. Elles ont été découvertes in situ par les archéologues. Le plan du tombeau a été établi, les ossuaires répertoriés et les inscriptions détaillées. » La plus spectaculaire des inscriptions relevées sur les ossuaires portait l’indication « Jésus, fils de Joseph ». Mais il y a aussi sur un autre ossuaire une autre inscription, surprenante celle-là : « Judas, fils de Jésus », la plus difficile à lire, mais aussi la plus énigmatique. Ajoutons les autres inscriptions relevées sur les ossuaires : « Maria », en lettres capitales (version latinisée du nom biblique Myriam), « Joseph » (sans doute un des quatre frères de Jésus), « Mariamne alias Mara » (probablement Marie-Madeleine). Les résidus humains trouvés dans les ossuaires de Jésus et de Mariamne ont été soumis à des tests A.D.N. qui ont démontré l’absence d’apparentement génétique. Ni frère ni sœur entre ces deux squelettes. Alors, époux ? La supposition que Jésus ait eu un fils et qu’il s’agisse de ce Judas est renforcée par le résultat des analyses A.D.N. La probabilité que la présence conjointe dans un même tombeau d’ossuaires portant ces diverses indications ne relève que de la simple coïncidence a fait l’objet d’études statistiques. Aux yeux des promoteurs de ces travaux, il paraît qu’il s’agit bien là du tombeau de la famille de Jésus de Nazareth. En ce cas, bien des certitudes s’effondrent et tout particulièrement le dogme de la résurrection et de l’ascension.
Le Vatican entretient évidemment sur tout cela un très prudent silence. Ces découvertes dressent un tableau bien différent des fables et des falsifications imposées à des milliards de femmes et d’hommes depuis 2 000 ans par cet instrument de domination, et sous l’empire desquelles vivent encore plus de 2,5 milliards de chrétiens à travers le monde. La solidité des dogmes du christianisme a été ébranlée à maintes reprises. Il est plus que permis à la faveur de ces faits et du débat qu’il engendre, de mettre en doute la réalité de la déité du personnage du Christ. Nous laissons au lecteur le soin de déduire la cascade de conséquences liées à cette proposition.
