Nous avons lu L’Âme Européenne

Réponse à Bernard-Henri Lévy, de Robert Dun, Éditions Les Amis de la Culture Européenne.

Les attaques de ce cosmopolite revendiqué qu’est BHL contre l’identité française sont connues. Robert Dun lui a répondu. « Un cri auquel il nous faut impérativement faire écho » mentionne la quatrième de couverture de L’Âme Européenne. Nous présentons quelques extraits parmi les plus pertinents de cet ouvrage décisif pour qui veut « sortir de la Matrice » et comprendre que la France, l’Europe, vivent depuis seize siècles, sous la domination empoisonnée d’une pensée extérieure dont la présence n’a aucune légitimité, et qu’il faudra bien finir par s’en libérer.

Les féroces persécutions des religions du désert, les destructions massives des œuvres antiques nous ont fait oublier l’essentiel du patrimoine européen et accrédité l’idée qu’il n’y avait de possible que l’athéisme ou l’une des trois religions intolérantes : judaïsme, christianisme et islam […] L’esprit européen est si bien oublié que ceux qui cherchent une issue hors du carcan se tournent vers des doctrines orientales. Mais ils tombent de préférence dans les filets de celles qui ont en commun avec les religions qu’ils veulent fuir le refus de la vie, de la roue du samsara (désignation sanscrite de la roue des incarnations). On ne secoue pas d’un coup d’épaule près de deux millénaires de dictature spirituelle sémite.

Les trois religions du désert, judaïsme, christianisme et islam, ont en commun un dieu qui ordonne et interdit, récompense et punit, exige un culte exclusif. Pour notre sensibilité (païenne), cette perception du divin est une perception d’esclaves […] Nous rejetons toutes les révélations comme des phénomènes pathologiques et des fumisteries.

Il ressort que ce sont bien les religions du désert qui ont introduit le fanatisme religieux, dont le fanatisme idéologique n’est qu’un avatar. Alors que les Romains respectaient les dieux des colonisés et recherchaient même leurs faveurs, la persécution religieuse commence avec Moïse et ses successeurs. Nous recommandons à ce sujet de lire les chapitres de l’Exode et des Juges dans la Bible. On y découvre de véritables consignes de génocide contre les peuples de Canaan, consignes qui culminent contre les Amalécites chez qui on devra  » tuer même les vaches « . Barbarie du temps ? Mais tout au long de l’histoire, la constatation se confirme que les religions du désert ignorent la tolérance. D’abord, elles s’affirment toutes trois comme uniquement valables, admettant tout au plus les autres comme une marche d’approche vers elles.

Nous refusons la notion de dieu-juge parce que nous ne nous sentons pas coupables d’exister, même avec nos imperfections. Nous refusons la notion de rédempteur parce que notre dignité nous impose de porter nous-même notre destin éternel. Nous refusons le Bon pasteur parce que nous ne sommes pas des moutons. Eh oui ! Cher Monsieur B.-H. Lévy, nous sommes des nuques roides, et bien décidés à le rester. Nous savons avec Nietzsche que les prêtres de toutes les religions fanatiques qui veulent nous faire croire en leur seul Dieu veulent en réalité que nous croyions en eux, qu’en voulant nous faire courber la tête devant leur Dieu, ils veulent nous la faire courber devant eux. Et nous savons aussi que ces fanatismes religieux à tous les niveaux sont des tentatives de valorisation personnelle de débiles, des béquilles pour des gens incapables de trouver en eux leur propre loi.

Prétendre que le néopaganisme est un néofascisme est une grosse farce dont l’absurdité ne résiste pas à quelques minutes d’examen. Qui peut ignorer ou contester que les religions monothéistes furent la source du fanatisme religieux, des persécutions, des guerres de religion ? Est-ce Nietzsche, Hitler ou Staline qui ont dit :  » Ceux qui ne sont pas avec moi sont contre moi. Et ceux qui ne veulent pas que je règne sur eux, amenez-les-moi, et étranglez-les devant moi « . Eh oui : le doux Jésus, ou au moins son mythe, nous ont légué aussi des paroles de fanatisme. Qui a promu et concrétisé de monstrueuse manière le concept de guerre sainte ? Mohammed, le fondateur de l’islam. La conclusion s’impose : c’est le monothéisme qui est potentiellement totalitaire et nullement le « paganisme » dont le caractère universel est tout au contraire la tolérance, la curiosité bienveillante envers les croyances étrangères. L’amalgame racisme/totalitarisme est tout aussi insoutenable : du milieu du XIXème siècle au milieu du XXème siècle, ce fut la nation la plus libérale, l’Angleterre, qui fut aussi la plus raciste.

Nos « démocraties » sans demos ne sont depuis longtemps que des systèmes qui permettent à la canaille nantie d’éliminer les gens honnêtes et capables en manipulant les naïfs et les imbéciles.

Le seul rempart contre l’arbitraire et l’injustice est la culture, c’est-à-dire une claire conscience de valeurs intouchables que nul détenteur d’autorité ne peut violer sans provoquer une immédiate révolte. Mais une culture exige de nos jours un préalable de révolution culturelle qui ne peut être le fait que d’un peuple présentant un minimum d’homogénéité.

Alors que le gouvernement mondial, déjà largement réalisé sur le plan économique, commence à pointer publiquement le nez et à prétendre à s’officialiser, il nous apparaît urgent de montrer qu’il n’y a jamais eu, qu’il n’y a pas et qu’il n’y aura jamais de possibilité de culture universelle. Un gouvernement mondial ne pourra être que le pire des totalitarismes et ne se maintenir qu’en détruisant toute dignité humaine.

Nous savons parfaitement ce que nous sommes et ce que nous ne sommes pas. Que d’autres se prennent pour un peuple élu si cela les rassure eux-mêmes. Nous ne nous en sentons même pas vexés. Mais qu’ils ne nous demandent pas tout de même de dire Amen à leur ébouriffante prétention, d’accepter leur loi, leurs interdits qui ne nous concernent pas.

Depuis dix-sept siècles, les religions monothéistes impuissantes à soutenir le débat avec la gnose païenne, nous répondent par les incendies de bibliothèques, les assassinats, les interdits, les bûchers, les anathèmes contre les découvertes scientifiques, les calomnies ou pire que tout : la conspiration du silence. Quand les docteurs de ces religions prétendent nous réfuter, ils s’en prennent en fait à une image défigurée de nos doctrines, comme cela est constatable notamment à propos de Nietzsche.

Il n’est d’autre avenir pour l’Europe que celui du Phoenix. Il est évident qu’il n’y a pas d’avenir pour l’homme, pas d’avenir pour l’Europe des multinationales, des veaux et de la chienlit. Il y a un avenir non certain, mais possible, pour le Surhomme, ou le Fils de l’Homme, que chacun l’appelle comme il lui plaît. Il y a cinquante ans, quelqu’un qui aurait prédit le degré actuel de décadence, d’abêtissement, de lâcheté et de servitude des Européens aurait rencontré autant d’incrédulité que quelqu’un qui aurait prédit l’astronautique. Oui, il y a un avenir, non certain, mais possible, pour des Européens qui auront su allumer en eux la foi nietzschéenne et donner un sens à leur vie en orientant leurs passions comme leurs actes de manière à couver la mutation surhumaine.

Et l’auteur de conclure :

Vous avez terminé la lecture de cet ouvrage, bref certes, mais dont la brièveté résume néanmoins cinquante années de recherches et de réflexions. Vous avez le droit de ne pas être d’accord. Mais si vous venez de vivre une prise de conscience, un réveil de votre identité, une montée déculpabilisante de confiance en vous, une réconciliation de votre liberté et de votre religiosité, alors n’oubliez pas deux choses : 

1) Que les contradictions, les absurdités, les soumissions esclavagistes que vous avez assimilées jour après jour depuis votre naissance ne sont pas mortes en vous. Elles ne demandent qu’à reprendre le dessus et à vous enchaîner de nouveau. Il vous faudra sans doute relire plusieurs fois ce livre libérateur, surveiller et étouffer vos démons d’esclavage.

2) Que ce livre a toutes chances d’être déformé, calomnié, victime de la conspiration du silence ou des pires cabales. Un procédé éprouvé depuis des millénaires par les fabricants d’esclaves contre les esprits libres est de réfuter non leurs thèses, mais les caricatures de ces dernières. Cela a toujours marché et risque fort de marcher encore. 

J’ai écrit ce livre pour tenter de protéger nos enfants, les vôtres et les miens, de l’esclavage. La jeunesse actuelle est la victime de classes adultes qui ont accumulé les démissions et les capitulations. Si vous m’avez compris, vous pouvez contribuer à la diffusion de ce message libérateur en le recommandant autour de vous, habilement mais infatigablement. C’est la seule force qui nous reste contre la dictature médiatisée, contre ces « démocraties » sans demos, sans principes clairs, qui s’arrogent le droit d’écraser toute pensée libre sous les prétextes les plus hypocrites et les plus fallacieux. Ces majorités à la fois relatives et fabriquées se seraient jadis trouvées aux côtés de l’Inquisition contre Galilée.

Révolte inutile ? Voire… Au XVIème siècle un moine obscur a détruit l’hégémonie mondiale de la papauté et d’un empire sur lequel le soleil ne se couchait pas. Les forces collectives, les évènements historiques sont faits de la force de chacun et les prises de conscience peuvent acquérir une puissance de réaction en chaîne, si vous la leur donnez…

Un exemple de l’influence contemporaine mensongère et manipulatrice qui a pourri la France ?… Jacques Attali. La grande énigme tragique qui demeure, et à laquelle on ne parvient pas à trouver d’explication, c’est comment tant de Français et d’Européens de souche, sur tant de générations, ont pu se laisser empoisonner l’esprit par cette influence monstrueuse. Seule l’Allemagne dans la parenthèse 1933-1945 échappe à cet état de fait.