Les « lendemains qui chantent »

Il faut connaître certains éléments du passé pour comprendre le présent que nous subissons.

De tout temps, les hommes se sont plu à imaginer une ère fortunée, réalisant toutes leurs espérances, tous leurs rêves de félicité. C’était l’Âge d’or, dont la tradition se retrouve chez presque tous les peuples de l’Antiquité. Tandis que les modernes considèrent l’humanité comme s’élevant par un progrès continu vers un état meilleur, les Anciens inclinaient au contraire à croire que les générations suivent, surtout sous le rapport des mœurs, une marche rétrograde, et qu’elles sont en proie à une corruption toujours croissante. Et de fait, quand on compare par exemple ce que furent les 300 Spartiates des Thermopyles avec les hommes « déconstruits » par la propagande féministe, les détraqués mentaux de la transition de genre, le massacre de l’orthographe avec les élucubrations du type « iel », l’extraordinaire immoralité de la GPA et « l’homme enceint », on ne peut que donner raison aux Anciens. La dégénérescence est immense.

Le mantra que scandent les modernes, c’est « L’Âge d’or, qu’une aveugle tradition place dans le passé, est en réalité devant nous », ce sont les célèbres « lendemains qui chantent » chers aux communistes. C’est aux modernes que se raccroche donc le socialisme historique. Mais les socialistes ne sont pas les premiers qui aient reporté l’âge d’or du passé à l’avenir. Ils ont recyclé et perpétué la pensée du judaïsme et du christianisme en la matière. On connaît la doctrine juive millénariste du « tikkun olam », réparer le monde, c’est-à-dire instaurer la paix mondiale (et quoi de mieux pour cela que faire disparaître les identités – opportunément accusées d’être responsables des conflits – et mélanger tout le monde dans une utopique « grande fraternité universelle »), préalable nécessaire pour que leur Messie (Machia’h) fasse son retour sur terre. Yehoshua ben Yosef (Jésus) est ensuite passé par là, et dès les premiers siècles du christianisme, il se répandit parmi les disciples de cette hérésie du judaïsme une croyance suivant laquelle le Christ, tel le Machia’h hébreu, devait régner temporellement sur la terre, pendant une période de mille ans qui serait close par le dernier jugement. Cette opinion chrétienne avait sa source dans les prophéties qui promettaient aux Juifs que Dieu, après les avoir dispersés entre les nations, les rassemblerait un jour et les ferait jouir d’un bonheur parfait. Les millénaristes christiques ont décrit la suprême félicité dont ce retour du Messie serait le signal, avec une abolition de toutes les tyrannies monarchiques et de tous les gouvernements injustes. La plupart des millénaristes manifestent ces tendances républicaines et démocratiques. On devait donc s’attendre à voir les prophètes du socialisme moderne aller aussi chercher des armes dans ce grand arsenal des rêveurs au bonheur planétaire dans l’égalitarisme.

Comme la plupart des millénaristes chrétiens, Pierre Jean Agier (1748-1823), juriste français, affirme la conversion générale des Juifs et leur réunion dans le pays de leurs pères. Là, ils rebâtiront Jérusalem, qui deviendra comme par le passé, la métropole de l’Église catholique (au sens grec du terme, universel). Agier, grand visionnaire, croit pouvoir fixer approximativement la date de ce grand événement vers l’an 1849 (vous avez le droit de rire). Il écrit « Toutes les monarchies seront éteintes et tous les hommes ne formeront qu’une seule famille. Il n’y aura plus de nations, car ce mot nations indique des sections du genre humain organisées en corps politiques. Mais il n’aura plus de sens quand il n’y aura plus de barrières entre les diverses portions de la famille universelle. Peut-être même verra-t-on s’établir sur la terre l’unité de langage ». Nous avons là toute la politique gauchiste/mondialiste actuelle, sans-frontiériste, métissolâtre, des démocrates socialistes et des républicains exaltés qui veulent imposer une ère d’égalité absolue et de bonheur commun au prix de la disparition de notre identité. Idéaux qui ont pourri notre monde européen parce que des princes, depuis Théodose et Clovis, s’y sont soumis à partir du IVe siècle.