États-Unis/France : une irréductible et profonde différence de nature

« La situation est tellement dégradée qu’il faudrait qu’émerge un Trump français ! ». C’est ce que l’on entend dans la bouche des torturés ici depuis la dernière élection présidentielle américaine, regardant l’actualité des réformes américaines avec les yeux de Chimène pour Rodrigue. Mais pour ainsi dire, il gèlera en enfer avant qu’un semblable vent de libération n’arrive. Et cela tient à quelques différences fondamentales entre les deux pays, bien que les pères fondateurs américains et les révolutionnaires français de 1789 fondateurs de la République aient été tous francs-maçons, avec ou sans tablier. Ces différences sont connues, mais il n’est pas inutile de les rappeler, à destination de l’éventuel néophyte (qu’il soit le bienvenu sur nos pages).

Sous l’héritage des pères fondateurs américains, on sait combien les États-Unis sont un pays profondément religieux sur la voie du christianisme. En France, les prêtres qui refusent de se plier au pouvoir proto-communiste révolutionnaire dont la mission sacrée fut de faire disparaître l’Église associée à la monarchie, seront pourchassés, tués, poussés à l’exode. Aux États-Unis « In God we trust », en France c’est la laïcité qui est religion, on tue les curés sous la Révolution de 1789 (comme les communistes espagnols durant la guerre d’Espagne de 1936 vendront dans l’allégresse du « saucisson de nonne » fait à partir de porcs nourris avec les corps des religieuses qu’ils allaient massacrer dans les couvents – lisez l’historien américain Stanley Payne, et Christophe Dolbeau, références ci-après – avant que le général Franco réduise ces vermines rouges.

Les pères fondateurs américains donnent le droit de détenir des armes et de se défendre, soi-même, et sacralisent le droit de propriété. En France, le pouvoir n’aura de cesse de désarmer les Français, surtout à partir du 19e siècle, établissant une législation de contrôle et de restriction appuyés. Les États-Unis sont une nation d’hommes libres et responsables.

Ne serait-ce que sur ces deux premiers points, la différence de mental entre ceux qui ont établi ces deux nations modernes, est considérable.

Certes, il y a des gens de gauche aux États-Unis, le pays a connu suffisamment de gouvernances marquées par cette empreinte, des sympathisants de l’ex-URSS, à commencer par Eleanor Roosevelt, le pays a eu ses « agents de Moscou », dans l’université, dans la recherche (les gens gravitant autour de Oppenheimer…), il a été empoisonné par l’influence délétère de l’École de Francfort réfugiée à l’université de Columbia, il y a une presse de gauche américaine puissante bien qu’elle ne constitue qu’un microcosme citadin bourgeois. Mais il y a aussi eu l’action salvatrice de McCarthy.

Si Donald Trump a pu être élu, c’est parce que les États-Unis n’ont pas le communisme dans les gènes, contrairement à la France. L’équivalent n’est pas près de survenir ici, pas avant au moins cinquante ans peut-être, tant les cervelles sont pétries dans le marxisme culturel et efficacement tenues par les principaux médias au service du régime et de son oligarchie, comme cela est démontré de façon constante par les élections et le comportement des Français depuis 1945 (pour s’en tenir à une période récente). Nettoyer les têtes et réduire suffisamment l’influence gauchiste ici constituera une entreprise titanesque sur plusieurs générations. D’ici à ce qu’un Trump français finisse par apparaître, le pays aura eu le temps de crever, économiquement et culturellement, privé de sa souveraineté dans une fédération des « États-Unis d’Europe » à l’idéologie parfaitement contraire à celle des États-Unis d’Amérique. A moins que l’histoire n’accélère les choses et que Russes et Américains, si la guerre en Ukraine est réactivée et parvient à s’étendre par les manigances du camp mondialiste, nous débarrassent d’une façon ou d’une autre du système sous lequel nous vivons, dans une énorme déflagration. On ne soigne pas la gangrène avec un cachet d’aspirine.

Florent de Mestre

*Stanley Payne, La Guerre d’Espagne, Éditions du Cerf, 2011.

*Christophe Dolbeau, Ce qu’on ne vous a jamais dit sur la Guerre d’Espagne, Éditions Atelier Fol’fer, 2010.