Wikipédia, une encyclopédie gratuite, sans publicité, qui donne accès à des connaissances exactes, vérifiées et complètes sur presque tous les sujets, bien exactes… Le moyen le plus rapide d’accéder à des informations simples, ou plus complexes. L’idée est louable, et Wikipédia s’est rapidement imposée, tant dans les recherches Google que dans les esprits.
Mais aujourd’hui, la plateforme s’est égarée. Ce n’est pas l’extrême-droite indignée qui le dit, mais Larry Sanger, cofondateur de Wikipédia en 2001, qui n’a plus confiance en sa propre création. Il estime que le site a complètement perdu sa neutralité depuis 2009 et que les biais idéologiques « anti-droite » sont aujourd’hui très nombreux, trop nombreux pour faire confiance à l’encyclopédie numérique.
Wikipédia, un système hiérarchique
Pour écrire sur Wikipédia, il suffit d’avoir un compte de contributeur. Il s’agit d’un engagement volontaire et vu le nombre de comptes actifs, on pourrait penser que la neutralité de l’information est garantie. Ce n’est pas le cas. Les contributeurs, regroupés en communautés linguistiques, élisent des administrateurs. Ceux-ci peuvent bannir ou bloquer les comptes dont les actions sont jugées contraires aux valeurs de Wikipédia, peuvent donc restaurer, supprimer ou protéger une page.
Un système qui est rapidement devenu un vase clos, n’admettant que ceux qui répondent à la doxa de ceux qui se sont emparés de l’outil, n’admettant pas qu’il y ait une pluralité d’opinions parmi les contributeurs, et indifférent à la majorité silencieuse, qui n’est d’aucun bord politique, et qui n’est pas représentée.
Un changement au plus haut niveau
L’évolution de Wikipédia n’est pas surprenante. Larry Sanger a fait une Quête de neutralité et d’objectivité, mais tous les dirigeants de Wikipédia n’ont pas suivi sa voie. Katherine Maher a été directrice générale de la Wikimedia Foundation de 2016 à 2021. Selon elle, les contributeurs de Wikipédia ne cherchent pas à reproduire la vérité, mais les « meilleures connaissances actuelles ». Et les meilleures connaissances actuelles sont, bien entendu, celles des contributeurs répondant à la doxa qui tient l’outil. On tourne en vase clos.
Car Katherine Maher a une étrange de conception de la vérité. Notre « culte de la vérité » nous a peut-être éloignés de la recherche du consensus, estime-t-elle, empêchant ainsi la réalisation de projets importants. La vérité est quelque chose de beau et de nécessaire à l’épanouissement de l’homme, mais pour Maher une de ses beautés est aussi qu’il y a « beaucoup de vérités différentes » et que chacun a la sienne. Pour Maher, notre vérité consiste principalement en nos croyances. Ce relativisme est loin d’être anodin pour celle qui a dirigé l’un des plus grands groupes encyclopédiques au monde. La vérité, c’est qu’en tout sujet il n’y a qu’une seule vérité. Comment travailler sur l’accès au savoir si l’on ne croit pas que certaines choses peuvent être fausses, même si certaines personnes y croient ?
L’égalité des connaissances au détriment de la vérité
La Fondation Wikimedia travaille donc non pas à la reproduction de la vérité, mais à une prétendue égalité des savoirs, qui consiste à « donner de l’espace aux savoirs et aux communautés exclus par les structures de pouvoir et de privilège ». Ce paradigme qui suppose que les Occidentaux (les Européens) – car c’est bien d’eux dont il s’agit – sont des privilégiés qui doivent céder la place aux soi-disant opprimés, on connaît la rengaine de la cancel culture woke, quelles que soient les compétences des uns et des autres, est courant à gauche. Ils se réjouissent comme jamais auparavant lorsqu’un prix ou une nomination est décerné à une femme « de couleur », et de préférence à une lesbienne ou à une transsexuelle.
Des dons faits pour la connaissance, transformés en cadeaux pour les gauches
Cependant, Wikipédia et ses satellites comme le Wictionnary ne sont jamais que des encyclopédies : ils collectent des données mais ne les créent pas. La Fondation reconnaît qu’elle a besoin de citations et de sources primaires qui luttent pour la même cause qu’elle. C’est pourquoi, explique-t-elle, « le Fonds d’équité est conçu pour accorder des subventions à des organisations extérieures à notre mouvement ». En d’autres termes, lorsqu’un donateur soucieux de préserver le libre accès à la connaissance fait un don à Wikipédia, la moitié de son don est redistribuée. À qui ? À des associations vouées à promouvoir une certaine forme d’égalité raciale. Certaines de ces organisations veillent à ce que non pas les plus aptes, mais les plus représentatifs des différentes minorités aient une voix et des responsabilités. VanguardSTEM est l’un des bénéficiaires des dons de la Fondation Wikimedia. STEM est l’acronyme de Science, Technologie, Engineering (Ingénierie), Mathématiques. Il s’agit d’une « plateforme qui se concentre sur les expériences des femmes, des filles et des personnes non binaires(*) de couleur dans les domaines de la science, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques ». VanguardSTEM propose une « méthodologie scientifique intersectionnelle » et défend « le droit des Noirs, des autochtones, des femmes de couleur et des personnes non binaires de couleur » à défendre leurs propres « intérêts et identités STEM » sans assimilation.
Cette association défend donc les préjugés liés à l’identité sexuelle et ethnique dans la recherche scientifique. Ce point de vue s’aligne parfaitement avec celui de Katherine Maher, qui estime que la vérité est variable, chacun selon ses goûts.
Le mouvement Wikimedia, un agenda woke
Les dons à Wikipédia alimentent la fondation. Depuis 2020, la fondation gère le Knowledge Equity Fund, doté de pas moins de 4,5 millions de dollars. Son but premier est d’assurer l’accès à « la connaissance » pour tous, un objectif louable au demeurant.
Cependant, le seul moyen proposé pour atteindre cet objectif est raciste et anti-européen. La Fondation Wikimedia prétend « s’attaquer aux inégalités raciales qui entravent l’accès et la participation à la connaissance libre » et investir « dans des organisations qui s’attaquent aux systèmes de préjugés et d’inégalités raciales dans le monde entier ». Le « monde entier » n’inclut probablement pas l’Afrique du Sud, où le racisme anti-blanc est presque institutionnel.
Différentes traductions, différentes opinions
Les résultats des recherches sont variables selon les langues plus ou moins étendus, plus ou moins honnêtes. Si vous faites l’essentiel de vos recherches en français, par exemple, en tapant « Gaza genocide wikipedia » dans votre moteur de recherche la première page qui s’affichera sera intitulée « Risque de génocide à Gaza depuis 2023 ». Si vous passez à l’anglais, ce titre devient « Gaza genocide ». Pourquoi cette différence ? Parce que le public anglophone est nettement plus réceptif aux opinions de gauche pro-palestiniennes, alors qu’en France, il est préférable de parler de « risque » pour ménager l’opinion pro-juive.
Les différences ne s’arrêtent pas au titre. Nous ne pouvons pas citer et comparer entièrement les deux textes ici et nous nous contentons donc de noter que la page en anglais indique que « des experts, des agences gouvernementales et onusiennes et des ONG accusent Israël de commettre un génocide à l’encontre du peuple palestinien ». Alors que la page en français indique que « le risque de génocide à Gaza depuis 2023 fait référence aux actions d’Israël lors de la guerre entre Israël et le Hamas en 2023 qui pourraient conduire à un génocide contre les Palestiniens ».
Cette comparaison prouve une fois de plus que Wikipédia ne se préoccupe pas en premier lieu de la vérité, mais s’intéresse avant tout à ce que ses lecteurs peuvent lire, aiment lire et pensent. Et quand quelqu’un vient contester la véracité d’un contenu et affirmer que la vérité est autre, il lui est répondu d’étayer ses dires par des références sources. Mais les seules références sources considérées par l’encyclopédie sont, comme par hasard, celles du microcosme médiatique gauchiste. On tourne en rond.
En somme, Wikipédia a viré à gauche parce que, comme toujours, les gauchistes ont été plus réactifs que les autres. Toujours en application des leçons de Gramsci sur la Culture, ils se sont mobilisés et se sont emparés de l’outil par la création des comptes contributeurs lesquels élisent des administrateurs dès lors en position d’exercer leur contrôle, bannir ou bloquer les comptes dont les actions sont jugées contraires à leurs « valeurs », comme mentionné plus haut. La réactivité et la mobilisation, c’est ce qui manque encore cruellement au camp « natio » par rapport aux activistes de gauche. Tant qu’il ne l’aura pas compris, il sera pris de vitesse par l’adversaire.
(*)Rappel, selon la définition extravagante forgée par les gauchiste américains, les non binaires sont des personnes qui peuvent ne se sentir ni homme ni femme, les deux, ou de toute autre combinaison des deux. Bref, en langage clair et sans démagogie, une anormalité que l’idéologie woke a tenté de faire passer pour normalité.
