No sex till 2028 !

L’un des aspects les plus intéressants de la victoire de Donald Trump aux élections américaines est le fait qu’une campagne a immédiatement été lancée dans laquelle des femmes du « camp du progrès » se rasent la tête et ont promis d’entamer une « grève du sexe », ne plus avoir de relations sexuelles pendant toute la durée du mandat de Trump. Elles menacent même désormais, en supplément, de se faire stériliser. Ce n’est pas nous qui les en dissuaderons.

Cette grève se veut une revanche contre les « hommes blancs » qui auraient voté et donné la victoire à Trump, un candidat qui, dans l’esprit malade de ces femmes, les dépouillera de tous leurs droits.

Cette initiative rappelle la comédie grecque « Lysistrata » d’Aristophane, dans laquelle les femmes des cités-États grecques conspirent entre elles pour faire pression sur les hommes en les privant de sexe afin mettre un terme à la guerre du Péloponnèse, qui dure depuis des années.

Malgré les tentatives contemporaines de présenter cette comédie d’Aristophane comme « féministe » ou « pacifiste », elle n’est ni l’une ni l’autre. Il s’agit d’une pièce intelligemment écrite sur l’impasse militaire la plus importante de sa génération, la « grève du sexe », qui sert d’artifice comique absurde pour la réconciliation hellénique, dans laquelle le comportement hystérique et irrationnel des femmes conduit inopinément à une conclusion satisfaisante pour les parties.

À la fin, Athéniens et Spartiates se réconcilient et vont faire l’amour avec leurs femmes. Cette comédie sert d’ailleurs à réfuter une fois de plus (parmi une infinité) le mythe de la normalisation de l’homosexualité dans la Grèce antique. Pourquoi les Grecs seraient-ils dérangés par la « grève du sexe » des femmes s’ils avaient une pratique « alternative » ?

Mais nous sommes loin, en termes de civilisation et d’époque, de la Grèce d’Aristophane. Et si les femmes d’aujourd’hui ont encore de nombreuses caractéristiques communes avec celles de l’Antiquité, elles appartiennent aussi à une qualité totalement différente de celle des Grecs, et généralement inférieures à celles-ci.

Car si la « leçon morale » du poète reste que « les femmes, sans protection masculine, deviennent folles », le caractère des femmes a changé, et elles ne recherchent plus la conciliation ou la chaste harmonie conjugale sous la protection de la Vierge Athéna (comme à la fin de « Lysistrata »).

Cette grève du sexe des gauchistes américaines n’a aucun sens et ne peut avoir aucun effet, si ce n’est l’effet positif de préserver éventuellement leurs compatriotes sains d’esprit, d’une progéniture qu’elles pourraient élever dans leur idéologie frelatée. Au contraire, cette grève ridicule permet de renouveler l’analyse évolienne de la « femme américaine ».

Selon, Julius Evola, à propos de la « femme américaine » :

« Une enquête médicale récente aux États-Unis a montré que 75% des jeunes Américaines manquent d’une forte sensibilité sexuelle et qu’au lieu de satisfaire leur libido, elles préfèrent rechercher un plaisir narcissique dans l’exhibitionnisme, dans la vanité du culte du corps et dans la santé au sens stérile du terme. Les filles américaines n’ont pas de « problèmes sexuels », elles sont faciles pour les hommes qui considèrent le processus sexuel comme quelque chose d’isolé et donc inintéressant. Ainsi, par exemple, après avoir été invitée à regarder un film ou à aller danser, il est bon, selon les coutumes américaines, qu’une fille se laisse embrasser sans que cela ne signifie quoi que ce soit sur le plan sentimental. Les Américaines sont froides, frigides et matérialistes. L’homme qui « a un truc » avec une Américaine est obligé envers elle matériellement, financièrement. La femme lui a accordé une faveur matérielle ».

En ce sens, en considérant la chasteté comme une « grève », la progressiste américaine révèle involontairement qu’elle considère le sexe comme un « travail » et que, par conséquent, elle se considère comme une prostituée.

Le problème ici est qu’en raison de la manière dont la logique sexuelle fonctionne dans la gynécocratie post-moderne, en particulier après l’émergence de dispositifs de virtualisation tels que Tinder, cela ne fait aucune différence de menacer les hommes américains de refuser le sexe. C’est déjà une réalité factuelle que la majorité des femmes tournent autour d’une petite poignée d’hommes, ce qui a notamment pour conséquence que des millions d’hommes américains sont vierges ou ont peu de rapports sexuels, alors que les femmes sont beaucoup plus « rodées ».

Ce sont les femmes, habituées qu’elles sont à une licence débridée, qui auront du mal avec la chasteté au profit de leur « idéologie ». Ou peut-être pas tant que ça, dans l’hypothèse où comme le faisait remarquer Evola dans les années 1960, loin d’exprimer une quelconque sensualité, les Américaines sont frigides.

La grève, considérée comme une castration capable de soumettre politiquement les hommes, expose non seulement le caractère profondément délirant du féminisme gauchiste, mais souligne également la nature tragique de l’affaiblissement du rôle de l’homme.

En fin de compte, dans le contexte du féminisme occidental, contrairement à la comédie grecque, il n’y a pas de réconciliation entre la féministe yankee et l’homme américain normal à l’horizon. Si dans « Lysistrata » le désir et l’excitation rétablissent l’harmonie sociale, la femme moderne devra encore passer par un grand traumatisme civilisationnel pour comprendre l’importance du rôle « tutélaire » de l’homme.

Naturellement, cet homme moderne devra redevenir un « homme ». En d’autres termes, il devra rompre avec « l’esprit bourgeois », essentiellement dévirilisant.