Où est « l’homme providentiel » ?

Evidemment pas dans les partis qui se sont partagés le pouvoir depuis 1958 et qui ont mis la France dans la situation catastrophique où elle se trouve actuellement. On ne répare pas les dégâts avec les idées, les structures et ceux qui les ont commis. Pour notre part, pleurant les effets et parce que nous sommes dotés de cohérence intellectuelle, nous ne pouvons chérir les causes. Les décennies ont passé, et la France est allée sans discontinuer de pire en pire, jusqu’à aujourd’hui où les personnages les plus malsains et les plus dangereux, à l’image de l’actuel ministre des Affaires étrangères, psychopathe prolongement d’une dynastie de ces centristes de pseudo-droite malfaisants systémiques (son père était déjà ministre sous les funestes Giscard et Chirac) veulent nous plonger dans une guerre contre la Russie dont nous sortirons détruits. Cette dérive d’un demi-siècle est la démonstration par l’exemple que dans la querelle philosophique entre les Modernes et les Anciens (les premiers considérant l’humanité comme s’élevant par un progrès continu vers un état meilleur, alors que les seconds inclinaient au contraire à croire que les générations suivent, surtout sous le rapport des mœurs, une marche de dégradation, et qu’elles sont en proie à une corruption toujours croissante), ce sont bien les Anciens qui ont raison.

Cela étant dit, nous ne voyons pas davantage l’homme providentiel au RN ou chez Reconquête. Nous pensons que des partis qui continuent à s’inscrire dans le cadre du régime et des structures qui ont fait tant de mal au pays, tolérés dans le jeu électoral à la condition de ne jamais pouvoir gagner, empêchés au besoin par décision de justice (voir notre récent article La dédiabolisation ça fonctionne !), perdent automatiquement tout crédit. Avec ces partis, la France resterait entre les mêmes mains, ce n’est pas un hasard si le logo figurant sur le pupitre d’Eric Zemmour pour la présidentielle affiche une branche d’acacia, éminent symbole maçonnique, message on ne peut plus explicite envoyé à la Secte pour lui dire « ne vous inquiétez pas, nous sommes des vôtres ». Prétendre incarner la rupture et ne pas être partisan par exemple de la sortie de l’Union européenne qui nous a privés de notre souveraineté, c’est se moquer du monde. N’appréciant pas le christianisme, nous ne voyons pas davantage l’homme providentiel dans un retour de la monarchie, celle-ci étant adossée à l’Eglise depuis le baptême de Clovis. S’il s’agit par ailleurs d’avoir un monarque symbolique, à l’anglaise, à l’espagnole, à la suédoise, pendant que les mêmes malfaisants perdurent dans l’exercice du pouvoir réel, à quoi bon ? Armés de ce constat, à chacun s’il en est capable de faire la déduction que la logique impose dans l’échiquier des idées, savoir quels sont dans l’histoire les mouvements qui ont défendu le peuple et l’identité contre les usuriers et les bolcheviques.

Si les Français étaient capables d’être raisonnables, nous dirions qu’ils ne peuvent plus se permettre de propulser au pouvoir suprême des parvenus, souvent ignares et incompétents, dont l’art exclusif se résume à la séduction des foules, à la soumission aux puissances de l’argent et à la poursuite d’utopies destructrices. Mais raisonnables, les Français n’ont pas montré qu’ils le soient jusqu’à présent. Après cinquante ans d’observation du comportement électoral des Français, il est évident que la France ne sera pas sauvée par les urnes dans le cadre du système électoral tel qu’il est en place. C’est là un mode d’action bien trop modéré pour permettre l’arrivée du remède nécessaire, et trop de Français sont toujours tenus par le discours politico-médiatique au pouvoir. Ils ne sont pas encore suffisamment nombreux à avoir assez souffert pour oser se dresser contre ce système mondialiste qui est celui des gens qui sont les héritiers et perpétuateurs de l’idéologie des vainqueurs de 1945. Comme l’a dit Louis-Ferdinand Céline, « Pour que dans le cerveau d’un couillon la pensée fasse un tour, il faut qu’il lui arrive beaucoup de choses, et des biens cruelles. » Apparemment et malgré tout, pour l’heure le compte n’y est pas encore. Le faible subit ce qu’il doit subir.

La seule chose que nous puissions faire actuellement, c’est aider à la prise de conscience (c’est la vocation de ce blog) chez les aveugles et les couards, pendant que la situation continuera de se dégrader, avec l’espoir que dans quelques générations le pays soit enfin disposé à être remis à l’endroit. Il sera en lambeaux, l’ennemi importé encore plus nombreux, et l’ampleur de la tâche n’en sera hélas que plus grande pour ceux qui s’en chargeront.

L’homme est exactement aussi grand que la flamme qui brûle en lui. (Bismarck)