Illustration d’un saccage français

On aimerait parler de temps en temps, plus qu’on ne le fait, de choses positives, qui vont bien en terre de France, nous ne sommes pas masochistes. Mais la réalité de ce pays fabriquée depuis cinquante ans par une classe politique de félons apatrides ne le permet pas. Tant de choses ne vont pas normalement. Plongée aujourd’hui dans l’inculture crasse effrayante que l’on peut trouver désormais dans le corps enseignant français.

La classe politique et la haute fonction publique ont été capables de grandes œuvres de planification prévisionnelle en France après 1945, et dès même la gouvernance de l’État français du Maréchal Pétain, dont certaines créations seront reprises par les vainqueurs et perdureront. Le développement du programme nucléaire civil français pour garantir l’indépendance énergétique du pays et une électricité bon marché, en est un bon exemple (il a malheureusement été récemment saccagé volontairement par François Hollande, et avec une satisfaction affichée – souvenez-vous des propos d’Elisabeth Borne à l’Assemblée annonçant la fermeture du réacteur de la centrale de Fessenheim – par la gouvernance Macron, qui ont fait exploser nos factures d’électricité).

Mais il y a eu à un moment donné en France un basculement qualitatif des hommes politiques et de la haute fonction publique, qui n’ont plus été capables de « prévoir ». La différence entre l’homme politique et l’homme d’État est que le premier pense à la prochaine élection, le second à la prochaine génération. Et nous n’avons plus que des hommes politiques. Or gouverner c’est prévoir, la formule est bien connue. De là, ces gens qui n’avaient plus rien à faire dans les fonctions où ils étaient conduits se sont continuellement laissé dépasser par l’évènement qui arrive et qu’ils n’ont pas su anticiper, tout occupés à gouverner au jour le jour et au doigt mouillé.

Nous avons un exemple parlant de ce basculement qualitatif de la conscience des « élites » à propos des naissances nombreuses du baby-boom. L’arrivée de ces contingents importants d’enfants ne leur était évidemment pas inconnue. Pourtant, ils n’ont pas mis en route le recrutement en amont et la formation des enseignants qui allaient être nécessaires à l’arrivée de ces enfants dans les écoles, pas plus que la construction des établissements nécessaires. De là le recours précipité à des préfabriqués, et à des bâtis « Pailleron » de triste mémoire. Une fois la déferlante arrivant dans les classes, face à la surcharge, nos « lumières » se sont mises à faire ce recrutement, mais contraintes de le faire avec moins d’exigence quant au niveau des recrutés, et dans l’urgence une première génération d’enseignants a été formée à la va vite. Cette première génération d’enseignants « au rabais » a formé des élèves, par le fait moins bien formés que des précédentes générations d’élèves, parmi lesquels certains sont devenus à leur tour enseignants moins qualitatifs que par le passé, et ainsi de suite… Le cercle vicieux infernal était lancé. A cela est venu s’ajouter la réforme des méthodes d’apprentissage et celle du contenu des programmes. Le tout a engendré, de générations en générations, un tel abaissement dans les exigences sur le niveau de recrutement, que nous en sommes arrivés à ce cas révélé par Le Figaro Étudiant et La Dépêche du Midi, d’une enseignante à l’inculture crasse qui s’est cru insultée par un enfant surdoué de 5 ans à grande culture générale et l’a exclu de la classe, du fait que dans le cadre d’un travail sur les chats il avait écrit « Nyctalope ».

La question fondamentale qui se pose, après avoir mis en route cette machine à déclin qualitatif des enseignants, c’est comment parvenir à renverser la vapeur ? Comment produire une génération d’enseignants de haute qualité, « à l’ancienne », quand ceux qui sont chargés de le faire n’ont plus le niveau, afin que cette nouvelle génération qualitative produise à son tour des élèves de qualité dont certains deviendront des enseignants de qualité, etc. Le maintien de la qualité devrait être une obsession de tout responsable politique digne de ce nom, ne jamais laisser se mettre en place une mécanique du déclin. C’est pourtant ce qu’a fait la gouvernance en France depuis la fin des années 1960.