A l’homme le plus noble, la femme la plus noble !

C’est une chanson ancienne et sans cesse répétée dans les terres nordiques, chanson dans laquelle le héros part à la recherche de la dernière et plus grande expérience après l’heure de l’épreuve, après avoir affronté toutes les aventures et tous les dangers : la femme pour laquelle il vaut la peine de se battre.

Malheur à l’homme qui n’est pas assez fort pour conquérir une noble épouse ! S’il est plus faible que la femme qu’il convoite, il est tué par ses parents en guise de punition pour avoir tenté d’humilier une femme qui lui est supérieure. 

À l’homme le plus noble, la femme la plus noble ! Il s’agit d’une ancienne exigence nordique, pour laquelle même les guerres ne sont pas évitées, de sorte que les meilleurs courants du sang, de la race donnent naissance à un nouvel être plus élevé, dans l’union des deux plus nobles. 

Les chants héroïques qui racontent des aventures folles, des actes audacieux et des cœurs durs, chantent également les louanges de la femme qui attend et espère, qui attend des années celui à qui la voix de son sang crie de joie. 

Les femmes hautes et dignes qui se donnent à un seul homme sont dignes des chants de ces hommes voyageurs en quête de liberté. 

Ce sont les femmes fières dont le front brille de la splendeur d’une maternité supérieure, des femmes comme celles qui régnaient dans les hautes salles des tribunaux germaniques, des femmes en présence desquelles toute parole impudente était réduite au silence.

Ces femmes étaient les hérauts de la véritable éternité de la vie créatrice, qui considérait le blasphème contre une femme maternelle comme un crime digne de mort. 

Aujourd’hui encore, ce n’est qu’avec émotion que l’on peut lire les versets de l’Odyssée, où sont glorifiées les femmes royales, qui étaient aux côtés des hommes, égales et inviolables, gardiennes de la loi, de la maison et du peuple. Partout dans la littérature mondiale, où l’on trouve des représentations élogieuses de femmes nobles et maternelles, on peut déceler l’influence du Nord et de la grande race aryenne. 

Deux pôles créatifs mènent à la vie et à sa préservation : la conception et la naissance. Manquer de respect à l’un de ces pôles entraînerait la ruine. L’homme du Nord, profondément ancré dans le sens de la vie, n’aurait jamais osé profaner l’un des pôles en raison de sa connaissance du droit et de sa connaissance de l’ordre. Il n’aurait ni créé un droit masculin instinctif et absolu, ni toléré un État régi par des Amazones. 

Pour les Grecs et les Romains, le Soleil était un terme masculin. Ce pôle mâle de la création féconde le pôle femelle de la création, la Terre. De là naît la vie sacrée de la nature. La terre est la mère originelle. Son ventre permet d’émerger ce qui est nécessaire au maintien de la vie. C’est pourquoi la Terre mère primordiale est entourée d’une couronne de mythes aussi beaux en termes d’idées que de poésie. 

C’est précisément le nord guerrier, terre du devoir, demeure des forts qui incarnent la loi dans leur ordre, qui ramènera les femmes maternelles, reines détrônées de la vie, vers leur royaume. Pour la perfection de l’unité de la création, l’homme fort, combattif et respectueux des lois aspire à la femme maternelle, qui ne doit pas être son jouet mais sa compagne, sa co-créatrice. 

La lueur de son regard est une étincelle du feu de l’éternité qui brûle les faibles et affine les forts jusqu’à la pureté ultime. Le monde devient beau là où commence la demeure des forts. Les gens forts de ce monde aspirent aux femmes nobles. C’est le désir de perfection qui n’a plus rien de commun avec l’avidité. 

La demeure des forts sera une terre de liberté et de gloire et donc de vrai bonheur pour les jeunes issus de cette alliance parfaite des deux pôles divins unis.

Le slogan de bataille du Nord n’est pas l’homme ou la femme, mais l’homme et la femme en tant qu’unité créatrice comme commandement de la vie éternelle de ce monde. 

Kurt Eggers.