Un esprit curieux exerçant une réflexion critique avec finesse sur ce qui est dit de l’Allemagne du IIIe Reich doit dépasser le discours manichéen, souvent mensonger, manipulateur, dispensé par les vainqueurs de 1945. Et confronter ce discours qui, sur divers points paraît incohérent, contradictoire, à des réalités historiques par ailleurs parfaitement connues. Voyons quelques exemples portés à notre regard par le hasard des lectures.
On entend mentionner qu’à la lecture de Mein Kampf apparaissent deux idées fondamentales. La première, c’est la mystique de la « race nordique » et la légitimité qu’il y a à tout faire pour la ressusciter et lui donner sa place dominatrice dans le monde, assurer rapidement l’espace vital dont le peuple allemand « régénéré » a besoin. La seconde est celle de la nécessaire élimination de la perversion et de la corruption du peuple juif, qui constitue l’ennemi le plus dangereux, plus dangereux que le monde slave dont la destinée ne peut être que la soumission et l’esclavage. Quelle est la réalité et quelle est la part de manipulation dans ces affirmations à l’emporte-pièce, dans cette pensée prémâchée, « clé en main » dispensée à l’opinion ignorante ou insuffisamment attentive ? Décortiquons le propos.
D’abord qu’est-ce que la « race nordique » selon les vues que l’on nous dit être celles de l’Allemagne du IIIe Reich ? Elle va de l’Autriche à la Norvège, de l’Angleterre aux Pays Baltes, et même jusqu’aux États-Unis (où de nombreux Allemands vinrent s’installer lors de la construction de ce pays, ce qui est visible au type physique d’une partie de la population blanche américaine, et dont l’influence aura été jusqu’à dériver phonétiquement le nom de sa monnaie, dollar, de la monnaie allemande thaler ; on dira des États-Unis que c’est « une Allemagne qui a réussi » en comparaison du destin allemand au cours du XXe siècle). L’Angleterre fait donc partie de la « race nordique ». Est-il besoin au XXe siècle d’œuvrer à lui procurer une place dominatrice dans le monde ? Bien sûr que non, l’Angleterre occupe déjà cette place depuis plusieurs siècles grâce à sa marine. Lorsque l’on s’intéresse à la proximité entre l’Angleterre et l’Allemagne des années 1930 (voir notre article Angleterre-Allemagne, une alliance avortée, on voit que la vision de l’Allemagne était celle d’un partage des zones d’influence entre les deux pays qui ne conteste pas la domination anglaise sur les mers, les territoires ultra-marins à l’influence anglaise, le continent européen à celle des Allemands.
Ensuite assurer rapidement l’espace vital dont le peuple allemand « régénéré » a besoin. Cet argument laisse penser qu’il s’agit de s’accaparer des territoires dont une population germanique a un besoin urgent pour assurer son développement. Or, ces territoires sont essentiellement des territoires d’Europe de l’Est où une population germanique est déjà présente de longue date, depuis le IXe siècle, sous l’impulsion des Hohenstaufen, de royaumes Est-européens comme le royaume de Hongrie, à partir du XIIe siècle, puis l’Empire d’Autriche-Hongrie (voir notre article Le destin allemand du IXe siècle à 1950).
Enfin, le propos selon lequel le peuple juif constitue l’ennemi le plus dangereux, plus dangereux que le monde slave dont la destinée ne peut être que la soumission et l’esclavage. Ce propos appelle un commentaire en deux points. D’abord le peuple juif constituant l’ennemi le plus dangereux. Cette affirmation est-elle fondée ? : submersion migratoire extra-européenne, ouverture de nos pays à l’installation de l’islam, destruction de l’identité, insécurité… la façon dont on fait vivre la France et les pays occidentaux sous influence militante et politique judéo-maçonnique mondialiste en atteste tous les jours. Notre situation est le fruit direct d’une politique inspirée par les idéaux mondialistes, universalistes juifs transmis et infusés dans le personnel politique par la franc-maçonnerie. De longue date, des juifs médiatiques énoncent publiquement, dans leurs interviews, dans leurs écrits, leur détestation de l’idée de nation, de l’identité, et leur amour pour le cosmopolitisme qui est pour eux un bouclier. Il suffit de lire et d’entendre Bernard-Henri Levy, Geoges-Marc Benamou ou Guy Konopnicki, pour ne prendre que ces trois exemples, pour le constater. Ensuite le « monde slave », formule qui amalgame les Russes avec les autres pays slaves, monde slave dont la destinée nous a-t-on dit ne peut être que la soumission et l’esclavage. Pourtant, Bulgares, Slovènes, Croates, Bosniaques, Roumains, Slovaques, Ukrainiens, sont des Slaves, qui dans le courant du XXe siècle et durant la Deuxième Guerre mondiale n’ont pas choisi de se rallier aux Russes communistes mais à l’Allemagne, qui de ce fait ont été adoptés comme des frères d’armes pour lesquels aucune considération d’esclavage ne semble avoir été exprimée par les autorités allemandes qui ont par ailleurs naturellement décerné la dignité de la Croix de Fer et autres décorations du Reich à ceux de ces Slaves qui combattaient de façon méritoire armes à la main, les « Waffenbrüder », aux côtés des soldats allemands. Qu’une inimitié se soit installée entre l’Allemagne et les Russes est indéniable. Mais l’Allemagne combat-elle les Russes pour ce qu’ils sont, du fait de leur nature slave, ou du fait de l’idéologie communiste qu’ils veulent répandre sur l’Europe ? En réalité, le discours « anti-slave » de l’Allemagne n’a apparemment concerné que les nations Slaves qui ne s’étaient pas ralliés à elle, Soviétiques, Polonais, Serbes, Tchèques. Encore qu’il y ait eu bien sûr des Waffenbrüder Polonais, Tchèques, etc. On est loin de la généralité mensongère « monde slave ».

Mais encore sur Mein kampf. En rappelant préalablement que pour des raisons politiques, les versions traduites ont été souvent expurgées, modifiées ou inexactes. Par conséquent, on y trouve de nombreuses divergences idéologiques et sémantiques, parfois même jusqu’à rendre certaines versions tout à fait incohérentes et illisible. On trouve trace qu’il y est écrit en page 386 : « On entendait alors exprimer jusque dans les milieux pangermanistes l’opinion que les Allemands d’Autriche pourraient très bien, avec le concours du gouvernement, germaniser les Slaves d’Autriche ; on ne se rendait pas compte que la germanisation ne s’applique qu’au sol, jamais aux hommes. » Nous posons ici cet extrait pour le comparer ci-après à ceux de Himmler.
André Brissaud dans son livre Les SS reprend trois discours de Himmler, qualifiés de « significatifs », dont les originaux sont donnés pour être dans les archives de Himmler (R.F.S.S./T-175. Washington : National Archives). Brissaud écrit : « Dans trois discours de 1943, Himmler, avec une brutale franchise, dévoile les plans concernant la politique à l’Est. Rappelons qu’il s’agit d’une allocution prononcée à l’université de Kharkov, en avril 1943, devant les officiers de trois divisions de Waffen-S.S : Leibstandarte Adolf Hitler, Das Reich et Totenkopf, qui s’étaient distinguées lors de la reprise de cette ville le 15 mars ; d’une allocution très importante, prononcée à Posen, le 4 octobre, lors de la réunion anuelle des généraux S.S. ; et, enfin, d’une allocution prononcée devant les commandants en chef à Bad-Schachen (Bade), le 14 octobre 1943. » Himmler déclare : « Aujourd’hui, l’Allemagne se tient partout aux frontières de l’Europe ; c’est la grande forteresse Europe. Il faut s’attendre à ce que l’ennemi essaye de faire une brèche dans cette forteresse en un point quelconque, et qu’il y parvienne momentanément (…) La forteresse Europe, avec ses frontières actuelles, doit être préservée et le sera aussi longtemps que cela sera nécessaire. Sa base est là, dans l’Est ; ici nous devons détruire l’ennemi russe. Ce peuple de deux cents millions d’êtres, nous devons l’anéantir sur le champ de bataille, un à un, et finir par le saigner à mort (…) Un membre de la S.S. doit être convenable, fidèle et bon camarade envers ses compatriotes, mais pas envers les représentants d’autres pays. Par exemple, le destin d’un Russe ou d’un Tchèque ne l’intéresse pas. Dans ces peuples, nous prendrons tout ce qui est de bon sang, nous leur volerons même leurs enfants, et nous les élèverons chez nous (…)
La contradiction est flagrante entre un Mein kampf dont le grand public ne sait pas s’il s’agit de l’original ou d’une traduction peu fiable, et les allocutions de Himmler, entre « la germanisation qui ne s’applique qu’au sol, jamais aux hommes », et « nous prendrons tout ce qui est de bon sang » dans les nations slaves. Alors, où est la vérité dans ce que l’on nous relate ? Sur « La grande forteresse Europe »… il faut déjà remarquer à cette occasion que Himmler ne raisonne donc pas à l’échelle des intérêts de la seule Allemagne, mais à celle des intérêts de tout notre continent face au bolchevisme, création juive, qui tient et fait agir les Russes à cette époque. Si l’on en croit ce que l’on nous donne donc à lire de Himmler, et après avoir rappelé la fraternité d’armes avec certains pays Slaves, il semble qu’il ne soit nullement question encore une fois de considérer les Slaves dans leur ensemble comme des êtres qu’il ne faut que soumettre à l’esclavage ou éliminer puisque Himmler énonce le fait qu’il y a du bon sang parmi les autres nations, et que l’Allemagne ne voit rien de négatif à germaniser, en les élevant chez elle, des enfants non-Allemands. Seuls les Slaves marchant derrière la bannière communiste étaient apparemment visés par l’hostilité de l’Allemagne.
Le IIIe Reich n’a pas exploité cyniquement sur le champ de bataille la présence de « Waffenbrüder » de pays Slaves ou d’Europe centrale, il les a décorés à l’égal des Allemands comme le montrent ces quelques exemples. L’aurait-il fait si sa vision du « monde slave » était celle de peuples dont la destinée ne peut être que la soumission et l’esclavage comme le disent les commentateurs vainqueurs de 1945 ?







