Montesquieu, cette figure chérie des crétins et des salopards qui n’ont que « liberté » et « République » à la bouche, a écrit, prêtez bien attention s’il vous plait : « Lorsque dans la même personne ou dans le même corps de magistrature, la puissance législative est réunie à la puissance exécutrice, il n’y a point de liberté ; parce qu’on peut craindre que le même monarque ou le même sénat ne fasse des lois tyranniques pour les exécuter tyranniquement ». Et Montesquieu continue par ailleurs : « Il n’y a point encore de liberté si la puissance de juger n’est pas séparée de la puissance législative et de l’exécutrice… ». On reconnaît sa célèbre théorie de « séparation » nécessaire des pouvoirs. Mais que voit-on dans notre réalité ? Dans les deux cas évoqués, le régime sous lequel nous souffrons, est en parfaite contradiction avec ce que prône son illustre idole du XVIIIe siècle, ces pouvoirs séparés. Démonstration :
En effet, de Gaulle a conçu la Ve République en 1958 avec des élections législatives dans le prolongement de l’élection présidentielle de façon à ce que le président élu profite de la tendance du moment, qui l’a porté au pouvoir, comptant sur le fait que cette tendance votera logiquement pour des députés du même parti que lui ou qui lui soient favorables, afin qu’il ait une majorité à l’assemblée pour faire passer ses lois. Or, c’est là l’exacte situation d’absence de liberté critiquée par Montesquieu : la puissance législative est réunie à la puissance exécutrice, le même « monarque » présidentiel aidé d’un « sénat » (sous la plume de Montesquieu, mais des députés dans notre cas de figure) de même tendance font des lois tyranniques pour les appliquer tyranniquement ; on l’a vécu sous chaque mandat présidentiel, hors cohabitation bien entendu, et depuis les élections législatives de 2022 depuis lesquelles le pouvoir exécutif n’a pas de majorité à l’Assemblée nationale.
Et si l’on reprend le second propos de Montesquieu, là encore il n’y a point de liberté, puisque la puissance de juger n’est pas séparée des autres puissances, la carrière des fonctionnaires que sont les magistrats étant gérée par le ministre de la Justice membre du pouvoir exécutif. Et selon la formule, Qui paie ordonne. La pseudo-indépendance de la Justice dans son action est une vaste blague, elle l’a démontrée une fois de plus ces derniers mois, avec le classement sans suites (comme par hasard, ces gens sont sans tâches) de toutes les plaintes pour scandales d’Etat qui ont pu courir contre le ministre de l’Intérieur et celui de la Justice. Quel magistrat fonctionnaire pourrait oser poursuivre son ministre en exercice ? de surcroît si d’aventure ils sont tous deux sur la même ligne idéologique.
Les idéaux de Montesquieu sont trahis dans les faits par la rédaction de la constitution voulue en 1958. Tout, absolument tout dans ce régime républicain relève de l’odieux, de la tromperie, faisant un peuple de cocus mené par une camarilla bourgeoise experte de l’enfumage.
