Le droit à l’avortement vient d’être inscrit, tout à fait inutilement (la pièce de théâtre sera achevée dans la grandiloquence le 4 mars prochain par la réunion des parlementaires en congrès) dans la Constitution. Inutilement puisque personne en France n’est en situation de menacer sa pratique en cours sans discontinuer et de façon croissante depuis 1975. Une initiative qui n’a pour seul objectif que de s’attirer la sympathie du vote féminin et féministe. Il est amusant à ce sujet de l’entendre : « Je me suis engagé à rendre irréversible la liberté des femmes de recourir à l’IVG en l’inscrivant dans la Constitution. » Du verbiage manipulateur. Car en qualifiant cette inscription d’ « irréversible », l’intéressé feint d’ignorer qu’elle ne l’est en rien, il feint d’ignorer que la constitution n’est pas quelque chose dont rien ne peut être effacé, que tout comme lui-même prend l’initiative de modifier le texte constitutionnel, un nouveau pouvoir élu et opposé à cette inscription serait en situation de la rayer d’un trait de plume, parce que ce qu’une loi a fait, une loi peut le défaire, ce n’est qu’une question de volonté. Sa prétention à l’ « irréversibilité » est tout simplement comique. Mais en s’exprimant comme il le fait, il veut aussi laisser entendre qu’une force politique opposée à cette inscription n’arrivera jamais au pouvoir. C’est de la méthode Coué. Tout comme la famille est absente dans le schéma mental des nombreux invertis sans enfants qui par cooptation homosexuelle dirigent actuellement la France, elle est absente des les textes fondateurs de la République. Ces gens n’ont pas le souci de la natalité, et encore moins de la natalité naturelle, historique, blanche, de ce territoire. Pour faire le nombre nécessaire au fonctionnement du pays, ils préfèrent importer des adultes du tiers-monde, qui eux ne manquent pas de procréer, massivement, aboutissant à la transformation/dénaturation du peuple français qui est de toutes façons leur objectif idéologique, la mort de notre identité dans le melting-pot maçonnique.
Depuis que l’homme s’est établi dans des cavernes pour échapper aux prédateurs et a fait le bond évolutif de conscience qui l’a différencié des simples animaux (c’est-à-dire enterrer ses morts), la base de la société traditionnelle a toujours été la cellule familiale, la Famille. Vous pouvez vous infliger de le vérifier, le mot lui-même n’apparaît pas dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789. Il n’apparaît pas plus dans les 92 articles de la Constitution du 4 octobre 1958, celle de notre « chère » République actuelle. Écarte. Élude. Et ce dont on ne parle pas, c’est bien connu, n’existe pas.
Pour imposer son emprise totalitaire, tout comme elle brisa les corporations professionnelles qui pouvaient constituer des pôles d’opposition, la République avait besoin de n’avoir à faire qu’avec des individus isolés, des « citoyens », sans défense face à l’Ogre étatique, pas à des familles, pas à des blocs. Le pion mis à nu et isolé est le gage de la perpétuation du Système.
Frédéric Le Play, dont les enquêtes sociologiques se sont poursuivies une grande partie du XIXe siècle, a distingué trois types de familles, dont la famille dite « instable « où les enfants quittent séparément la maison paternelle dès qu’ils peuvent se suffire à eux-mêmes, où les parents restent isolés pendant leur vieillesse et meurent dans l’abandon en Ehpad parce qu’il n’y a plus de maison familiale et d’enfant resté vivre avec les parents (ce qui était le cas avec la « famille-souche » de Le Play). C’est la société qui a été favorisée par l’organisation du monde du travail découlant de la Révolution industrielle, et dans laquelle nous vivons encore actuellement.
Mais selon Frédéric Le Play c’est la Révolution et le Code civil napoléonien qui ont en amont détruit la famille traditionnelle en France. Le testament du père était la loi suprême de la famille pendant le cours de chaque génération, mais dès le 7 mars 1793 la Convention interdit aux pères de famille la faculté de disposer de leurs biens par testament, donc de transmettre le patrimoine à un seul, le fils aîné destiné à être le continuateur du maintien du patrimoine et du « clan » familial. Combien de Français ignares connaissent ce genre de détail sur leur « chère République » !? Les plus touchés seront bien sûr les petits propriétaires. Le Code civil napoléonien, que Le Play a appelé « la machine à hacher le sol » allait provoquer l’éclatement des familles modestes et le partage-division du patrimoine. La famille en tant que telle n’a aucune représentation politique. Pire, elle est menacée par l’organisation même du système démocratique. La législation civile et la fiscalité successorale sont expressément conçues pour empêcher la constitution du patrimoine, « patri-monium » : ce qui est « reçu du père » et forme l’ancrage matériel de la famille. Tocqueville dira que « la division des patrimoines qu’amène la démocratie contribue peut-être plus que tout le reste à changer les rapports du père et des enfants ». En démocratie, la famille n’existe pas. Dans les démocraties, remarque encore Tocqueville, où le bras du gouvernement va chercher chaque homme en particulier au milieu de la foule pour le plier isolément aux lois communes, il n’est pas besoin de semblable intermédiaire (pas besoin de famille qui soit politiquement reconnue, comme elle l’était sous l’Ancien Régime). Ce qui existe sous l’empire « démocratique », c’est un couple qui se noue, et se dénoue. Le couple réunit un homme, une femme ; aujourd’hui deux hommes ; demain la voisine et son petit chien, celui-ci pouvant hériter de celle-là. La Révolution n’a pas seulement ruiné la famille, elle a aussi détruit le mariage traditionnel. La constitution démocratique ignore donc les « communautés naturelles » d’Aristote, quand elle ne les combat pas.
