Cette construction à laquelle les européistes sont tant attaché, quitte à faire aujourd’hui crever nos agriculteurs après avoir fait exploser le prix de notre électricité. Il est possible d’apporter certains éléments descriptifs à ce sujet depuis que le 19 septembre 2000. Cette date, c’est celle où le Daily Telegraph a publié un article du journaliste Ambrose Evans Pritchard qui est allé éplucher les documents confidentiel-défense sur les années 1950-1960 déclassifiés et rendus publics par l’administration américaine.
Et il ressort de ces documents de façon avérée que le mouvement européen était dès son origine financé par la CIA, et que des personnages clés de cette construction, tels que Jean Monnet, Paul-Henri Spaak ou Robert Schumann, étaient des agents financés par l’agence américaine.
Or, comment se fait-il qu’en France, aucune radio, aucune télévision, aucun journal ne se soit emparé à l’époque ni ne s’empare encore aujourd’hui de cette question et demande des comptes ? Peu de gens savent par exemple que l’ancien Président de la Commission Européenne José Manuel Barroso a eu des liens très étroits avec les services américains puisque c’est Franck Carlucci, celui qui est devenu ensuite directeur de la CIA, qui était ambassadeur des États-Unis à Lisbonne et qui a fait la carrière de Barroso. Et ce dernier n’est pas le seul commissaire européen lié aux États-Unis. Cette construction européenne dont se félicitent ouvertement les États-Unis n’est donc absolument pas un contrepoids à l’hégémonie américaine comme le prétendent les menteurs qui en sont partisans ou les naïfs, c’en est le bras séculier et la continuation du projet d’État mondial.
Tout esprit honnête voit aujourd’hui à quel point cette Union européenne est un poison, un carcan nuisible, qui face à la submersion migratoire extra-européenne, nous interdit, à la grande satisfaction du chef de l’État, d’empêcher celle-ci. Pourtant, toute remise en question de cette construction européenne est manifestement interdite, tout débat est impossible sur ce sujet, comme si la construction européenne était quelque chose de sacré, comme s’il était absolument sacrilège d’en faire le bilan et de se dire comme les britanniques qu’il faut objectivement en sortir. D’où vient ce tabou, qui l’a imposé ? Pourquoi est-il impossible de poser ces questions ? Pourquoi cela paraît-il insensé alors que c’est le simple bon sens. En réalité, la construction européenne est devenue une dictature qui ne dit pas son nom, qui interdit toute opposition réelle, et qui s’écarte de plus en plus du simple bon sens. Nous sommes dans un domaine où, comme dans bien d’autres, la pensée est interdite, où toute idée contraire au dogme dominant est l’objet d’une « fatwa », on n’a pas le droit d’évoquer ces questions. Il y a là une double conspiration. La conspiration du silence, et la conspiration du haussement d’épaule – ou du ricanement – qui consiste quand on évoque tous ces sujets à disqualifier celui qui les évoque. C’est en définitive un procédé totalitaire, on ne débat pas sur les idées, sur les arguments, sur le fond, on dénigre celui qui les prononce.
Mais remontons un peu dans l’histoire. A la fin de la seconde guerre mondiale, et après, les États-Unis menèrent une politique odieuse notamment aux Allemands, aux Européens de l’Est et aux Italiens. Curzio Malaparte a bien exprimé par la poésie de La Peau toute l’horreur de l’occupation américaine en Calabre. Quant à l’Allemagne, en dehors des bombardements de terreur qui réduisirent nombre de ses villes en charniers, les choix de Roosevelt et d’Eisenhower, avalisés par les conditions de l’armistice du 8 mai 1945, offrirent à l’Union soviétique et à ceux qui allaient être ses satellites de très vieilles terres allemandes fort peuplées. Il en résultat un exode forcé de plus de dix millions d’Allemands de Prusse Orientale, Poméranie, Silésie, des Sudètes (où Hitler était donc intervenu à juste titre) et d’ailleurs, dont 10 % moururent, soit plus d’un million, encore qu’ils ne soient ni comptabilisés ni même évoqués dans les recensions courantes des victimes de la guerre et de ses conséquences. On ne parlera pas du viol de millions de femmes allemandes, « systématiques » par l’armée rouge, « accidentels » par les armées anglaises, françaises et américaines. On notera en outre le flicage et l’humiliation générale de la population allemande par la bureaucratie militaire américaine, dont Le Questionnaire d’Ernst Von Salomon ((livre relatant comment, dans cette Allemagne de 1945 occupée par les Alliés, les treize millions d’habitants de la zone sous contrôle américain sont soumis à un long interrogatoire de 131 questions censées mesurer leur degré de compromission avec le nazisme) donne une image saisissante, plus forte que toutes les fictions kafkaïennes. Humiliation d’autant plus terrible qu’en même temps, par le plan Marshall et le bouclier atomique, les États-Unis se présentaient en sauveurs de l’Allemagne. Le peuple allemand se trouvait obligé de remercier le maître qui le détruisait, et ça le rendit fou.
Il faut comprendre, c’est essentiel, que l’aliénation de l’Allemagne n’est qu’un cas limite, une exagération de ce qu’ont subi les autres peuples d’Europe par le moyen de la guerre froide. La guerre froide est un objet historique particulièrement fascinant. Ce n’était pas une pure fiction, il existait vraiment un danger communiste, même s’il ne se manifestait pas partout par la menace de voir débarquer des chars rouges ou un missile atomique. Ce danger, les États-Unis étaient payés pour le connaître, puisque c’est eux qui l’avaient laissé croître et proliférer – par deux fois, entre 1917 et 1922, et entre 1941 et 1948. La pression qu’exerçait cet étrange objet leur a permis de fantastiques opérations. Par exemple, ils s’abouchaient avec la Chine pour mettre les Français hors d’Indochine, armaient et payaient le Vietminh, avant d’armer et financer l’armée française pour assurer le containment du communisme : ils écoulaient ainsi leur production d’armement, faisaient un peu marcher la planche à billets, et bénéficiaient de politiciens français à leur botte qui venaient à la fois faire leurs fins de mois à Washington, prendre leurs consignes, et remercier en prime. Et tout à l’avenant. On mettait la France, le Portugal, à la porte de leurs empires et on leur piquait des marchés – et on les tenait en main par l’OTAN protectrice. Pour l’Angleterre, on faisait la même chose, mais en respectant davantage les formes, en la mettant dans le coup. Ainsi l’Amérique s’est-elle donnée les gants durant des décennies de protéger l’Europe qu’elle avait mise elle-même dans la mouise. Ainsi fait le maquereau avec sa putain. Nos « élites » politique ont léché la main qui tuait nos nations, et c’est ainsi que fut construite l’Europe de Bruxelles, laquelle est le traité qui entérine la victoire des États-Unis sur l’Europe au terme de deux guerres mondiales et d’une guerre froide.
Par complicité active, depuis Giscard, les dirigeants français ont été et demeurent pourtant en pointe dans cette entreprise, avec la satisfaction béate de millions de moutons manipulés sur les « bienfaits de l’Europe ». Force est de constater que conformément hélas à une certaine tendance répétitive de l’Histoire de France, les « élites » de ce pays, régulièrement, jouent contre leur propre peuple.
