Lui et les siens. Bien sûr, il y a eu la multiplication de gestes et de mots révélateurs d’un mépris hallucinant. Son « Des gens qui ne sont rien » restera dans l’Histoire, comme les « Sans-dents » de François Hollande. Un mépris que peut avoir le vrai politique, mais qui n’avait jamais été aussi ouvertement exprimé. Mépris qui a commencé à émerger à l’encontre des catégories sociales modestes après le mouvement de 1968, quand les acteurs révolutionnaires issus de la gauche libertaire ont constaté que les ouvriers ne fraternisaient pas avec les étudiants et les « intellos », lesquels avaient des préoccupations tout à fait autres. C’est à partir de ce moment-là qu’une partie de la gauche bourgeoise a commencé à mépriser et stigmatiser les catégories populaires. C’est à partir de ce moment-là qu’on a vu apparaître notamment le personnage du « Beauf » chez le dessinateur Cabu. Auparavant, l’intellectuel bourgeois de gauche idéalisait le prolétaire. Depuis ce « rendez-vous manqué » de 1968, il a commencé à s’écarter durablement des classes populaires de son propre pays et à les mépriser.
Mais aujourd’hui, nous avons affaire à quelqu’un qui n’a pas la pratique de toute une vie d’élu, une pratique de la circonscription, et de la démagogie qui l’accompagnent. Nous avons affaire à un comptable, un banquier, qui par ailleurs donne l’apparence d’être ignorant de la culture insurrectionnelle française du XIXème siècle, sans aucune expérience de la fonction politique, qui n’est fondamentalement pas un politique mais un technocrate Saint-simonien, persuadé de la pertinence de ses convictions, persuadé que l’histoire a un sens, celui de la mondialisation pour ce qui le concerne, de l’ouverture des frontières, de l’érosion des nations et de la perte des identités. Quelqu’un qui a choisi ouvertement de gouverner contre le peuple qui subit les affres de cette politique, de la désindustrialisation, de la spoliation fiscale, de l’ingérence de cette Union européiste, et de la submersion islamo-africaine, de l’écologie punitive. Un servant d’intérêts privés et extra-nationaux, issu d’une élection remportée par effraction, parachuté là où il se trouve par un coup d’État politico-médiatique monté en deux ans seulement (totalement inconnu du grand public jusqu’à sa nomination au ministère de l’Économie en 2015), mais finalement pas fait pour occuper la fonction, Philippe de Villiers l’a qualifié d’enfant pas fini. L’homme a une caractéristique que ses prédécesseurs n’avaient pas : il incarne ouvertement le mépris des classes populaires. Il a cette morgue, cette détestation tant de l’identité française que des petites gens. Son incarnation du pouvoir correspond à tout ce que les Français détestent de la bourgeoisie du régime. Il a logiquement gagné un ressentiment personnel que l’on n’avait jamais observé en France ces dernières années.
Jamais on ne s’était foutu de la gueule des Français comme cela a été fait depuis la présidentielle de 2017.

