Déplorer une situation enfantée par les idées auxquelles on adhère ou que l’on a mis en œuvre, pour tenter d’en écarter la responsabilité, est un stratagème bien connu de la malhonnêteté intellectuelle dans laquelle est forgée la classe politique française. Il ne saurait nous tromper. La Franc-Maçonnerie tient la France et place ses hommes aux postes clé depuis qu’elle s’est emparée du pays en 1789. Bernard Cazeneuve, socialiste, ex-ministre de François Hollande signait le 17 mai 2023 une tribune dans l’Opinion (dans le cadre d’une rubrique régulière que le journal lui confie). Une tribune au titre d’un culot ahurissant, « Qu’est-donc la France devenue ? », eu égard à la culpabilité qui est celle de son camp et des autres partis « de gouvernement », on ne cesse de le rappeler, depuis cinquante ans.
Tribune dans laquelle il déplore l’usage fait du mot décivilisation par le chef de l’État. Une tribune de donneur de leçon sorti de sa loge pour recadrer tout le monde, condamner les « populistes ». Tribune qui suinte le lyrisme, les idéaux et le verbiage maçonnique, sans évidemment jamais mentionner, comme d’habitude avec ces gens-là, le terrain philosophico-idéologique à partir duquel il s’exprime. Le tout en pleurant les effets dont il chérit les causes et dans un aveuglement, comme toujours avec ces gens-là, rejetant la responsabilité unique de ses idéaux, de la politique et de la législation qui en découlent, dans le cauchemar que vit le pays (submersion migratoire, terrorisme et revendications communautaires islamiques rendus possibles par la submersion suscitée, insécurité…). Ambiance :
- « La peur entretenue du Grand Remplacement finit par instaurer au cœur de la nation le poison lent de la guerre civile puis du séparatisme. »
- La nation est « née d’une idée universelle et ne peut se réduire à une identité où domineraient le repli et la peur. »
- « ce serait ignorer que la violence a des ressorts et que l’insécurité se combat d’abord par les armes du droit ainsi que par une chaîne pénale efficace »… faute de quoi ce serait « condamner tous les peuples du monde qui attendent de la France qu’elle retrouve sa ferveur républicaine. »
- « L’universalisme est un trésor fragile, que l’on aurait tort de malmener plus longtemps sans prendre le risque d’abîmer la Nation qui en fit don au monde. »
Au-delà de ces belles formules, ce qu’il exprime finalement dans cette tribune, c’est qu’il faut remplacer la chair, le concret, ce qui nous est transmis, la manière de vivre, de s’habiller, de manger, par des « idées », parce que les idées sont universelles (le maître-mot de la maçonnerie). Il faut remplacer l’histoire par l’abstraction, surtout pas d’histoire précise, il faut que ce soit universel, dans l’indistinction. Et le lent processus de civilisation, de construction des mœurs, des us et coutume, il faut les remplacer par le droit positif* qui est universel, bref on reconnaît là le dissolvant maçonnique destructeur des identités et des nations historiques. Ce sont précisément l’universalité et les droits de l’homme vus comme des droits uniquement individuels, c’est-à-dire la fracturation du commun par les seuls droits individuels, qui créent le recul de la contrainte sociale façonnée par les siècles et aboutit à la décivilisation dans laquelle la France est effectivement plongée. Si chacun en vertu du principe des droits individuels définit ses mœurs en permanence, on ne peut plus avoir de droit positif qui s’applique à tous. Si chacun redéfinit sa façon de se comporter (vivre ici comme il vivait chez lui dans son pays d’origine, ce qui a précisément été dit aux populations étrangères avec l’abandon de l’assimilation par impossibilité avec la sphère de l’islam contrairement aux immigrations européennes antérieures), vous n’avez plus de commun, et toutes les lois du droit positif n’y changeront rien. Le désir et la pulsion sont sacralisés au nom des libertés individuelles. Avec de tels principes, la reconnaissance de la charia et du droit islamique n’est qu’une question de temps. C’est donc précisément par la méthode qu’il veut appliquer que survient la déconstruction, donc la décivilisation faisant qu’il n’y a plus rien de commun entre les fractions de population vivant désormais de plus en plus de façon juxtaposée sur le territoire, sans « faire nation » pour reprendre cette insupportable formule du verbiage idéologique en place. En décivilisation, il n’y a plus aucune nécessité imposée par souci pour l’ensemble, il n’y a plus de morale commune, il n’y a plus de régulation sociale sur les comportements, il n’y a plus de limites décentes aux désirs des uns ou des autres. A la place, puisque chacun a ses mœurs propres, on accumule des lois. Or, l’inefficacité de la chaîne pénale que l’ex-ministre ose dénoncer en pompier pyromane, tous les acteurs du droit savent qu’elle vient précisément de l’accumulation des droits individuels qui ne permettent plus de défendre le Bien commun. « Pour qu’on vous croye raisonnable, rien de tel que de posséder un sacré culot » dit Céline dans Voyage au bout de la nuit. On n’en peut plus de cette secte malfaisante.
*Pour rappel, le droit dit positif par les juristes est tout simplement le droit en vigueur, en cours d’application.
