L’homme européen doit revenir aux sources de notre civilisation pour mieux préparer l’avenir, parce que nous dit Nietzsche le futur appartient à celui qui a la plus longue mémoire. Le retour aux sources est nécessaire parce qu’une civilisation n’existe pas si elle a perdu conscience de ses origines. Et les origines de notre civilisation occidentale sont magnifiques. Ses ennemis ne parlent que de repentance, d’oubli de ce que nous avons été. Nous n’avons pas seulement été ce que l’on nous reproche. Nous avons surtout été aussi de très grands peuples de culture. Avec nos origines grecques (qui nous ont légué l’esprit critique l’une des grandes qualités de notre civilisation, nous n’acceptons pas les choses sans discussions). Et le grand empire romain, une nation de paysans au départ, solidement enracinés (Romulus trace le périmètre de la ville de Rome avec une charrue), qui va inventer les archives et sa conception du droit par lequel le respect de la personne l’emporte sur le pouvoir (aucune personne ne peut être proscrite ou condamnée s’il n’y a pas eu un examen du pour et du contre). Et qu’est le monde oriental en comparaison ?
L’empereur Julien écrit à propos des Perses : « Il me semble que ce qui les distingue le plus de nous, est avant tout l’absence de toutes lois et principes s’agissant de leurs princes. Ceux-ci ont tous les droits sans que rien ne vienne restreindre leur pouvoir. Aussi la population vit en permanence apeurée, redoute le coup qui peut tomber sur elle à tout moment sans préavis ni justification. Ajoutons aussi le mépris dans lequel est tenue la philosophie, et l’abondance des superstitions, et l’on aura une idée de ce qui nous sépare d’eux. » Tout le Proche-Orient, depuis une très longue période, et notamment à l’époque de l’empereur Julien, est sous la coupe de despotes absolument féroces. On est là en effet devant une civilisation de la peur, qui est évidemment totalement contraire à la créativité, à l’inventivité, une civilisation où chacun courbe l’échine en se demandant si demain il sera encore vivant ou si le fait du prince ne va pas l’exterminer. En comparaison, l’héritage gréco-latin, philosophique, juridique, et la sagesse païenne, brillent de toute leur splendeur. Il y a donc une opposition radicale dès cette époque entre « l’esprit grec » fondateur de ce qu’a été la Rome ensuite, l’esprit de l’Europe plus au Nord, celte, germanique, scandinave, et l’esprit proche-oriental qui est un esprit de soumission. L’islam n’a fait que prendre la suite de cette grande tradition despotique orientale. Selon l’historien Georges Duby, les peuples qui ont été islamisés étaient prêts à l’être.
Si l’Occident est en dérive partielle de nos jours, c’est parce qu’il ne croit plus en lui-même, et non parce que ses sources seraient mauvaises. Ses sources une fois encore sont magnifiques. L’heure est à la nécessité de préserver le patrimoine culturel et l’esprit de communauté des peuples européens, nécessité qui est au cœur de la pensée identitaire, face à la déferlante mercantile, égotiste, matérialiste portée par le mondialisme, qui atomise les communautés, et qui place l’individu nu, sans défense, face à lui-même et face à l’État, dans une solitude spirituelle et opérative épouvantable, et face à un islam extrêmement offensif. Renouer les fils de la Tradition est un des maîtres-mots du combat identitaire auquel nous appelons tous ceux capables d’une prise de conscience. « Le passé est garant de l’avenir », affichent les créneaux de la muraille de Briançon.
Notre vieille Europe, qui a été la matrice civilisationnelle de l’Occident, qui a toujours et malgré tout une richesse intellectuelle phénoménale avec ses 750 millions d’habitants, est plus que jamais exposée à tous les périls puisqu’elle a abdiqué la puissance, elle baigne dans l’utopie de la fraternité mondiale maçonnique, elle se découvre des ennemis féroces au Sud, et elle s’en invente à l’Est sous pression américaine puisque Washington applique toujours la théorie de Halford Mackinder, à savoir interdire l’émergence de toute puissance sur le continent eurasiatique. Washington n’a de cesse de fâcher les Européens avec les Russes alors que l’intérêt des Européens serait d’être en complémentarité avec ces derniers.
Le sursaut spirituel et culturel est d’importance vitale puisque l’islam nous met au défi d’une manière extrêmement violente, brutale. Face à son action et face aux oligarchies mondialistes, le renouveau du sentiment identitaire qui se manifeste est une façon pour les peuples d’Europe de commencer à vouloir se réapproprier leur identité. C’est un suicide vers lequel nous nous dirigeons en nous contentant de faire vivre la fibre mercantile. Il faut subordonner la recherche de l’argent aux fins dernières de l’homme, qui sont spirituelles. Il faut subordonner la vie matérielle à une aspiration spirituelle. Ce qui fait la richesse de l’Europe, c’est sa diversité interne, diversité intellectuelle, génétique, ethnique, qui se suffit à elle-même, sans nécessité d’apports excédentaires importés des quatre coins du globe et surtout des contrées le plus arriérées. Nos pays doivent mettre à bas l’Union européenne et en revenir à une Europe des nations qui s’attachent en commun à ce qu’il y a de plus important, une Europe des « trois S », solidarité (identitaire et raciale), spiritualité native (il faut se libérer du christianisme et de la présence des monothéismes), et sécurité car les Européens en ont assez d’être envahis d’une façon inadmissible, invasion dont l’apport de richesse est pour ainsi dire nul (sauf pour accroître l’insécurité, la délinquance, le crime et les destructions), mais qui en revanche prennent tout, allocations, confort de notre standard de vie et d’équipement, soins médicaux.
« La condition nécessaire pour surmonter les crises en cours consiste à renverser la table et à balayer l’idéologie mortifère aujourd’hui dominante, à affirmer les identités des patries charnelles et des nations et la communauté civilisationnelle correspondant à notre vieille Europe brisée par le sombre XXe siècle. » (Philippe Conrad, Relever le défi migratoire, rendre à l’Europe son identité.)

