Que vaut la vie, que vaut la mort…

Dans le chant XI de l’Odyssée, Ulysse voyage au royaume des morts pour obtenir la prophétie du devin Tirésias. Il y pratique la Nekyia, rituel destiné à invoquer et à interroger les âmes des morts pour connaître l’avenir, et rencontre l’âme (ψυχή) d’Achille. Ulysse lui dit qu’au temps de sa vie, il était honoré comme un dieu parmi les Grecs, et qu’à présent il exerce un grand pouvoir parmi les morts. Achille repousse sa consolation et dit à Ulysse de ne pas minimiser la mort. Il préférerait servir un homme sans terre et peu fortuné plutôt que de régner sur les morts. Pour Achille, même la vie la plus humble parmi les vivants vaut mieux que la royauté parmi les ombres.

L’ennemi intérieur…

Aucune civilisation n’est détruite du dehors sans s’être tout d’abord ruinée elle-même. Aucun empire n’est conquis de l’extérieur, qu’il ne se soit préalablement suicidé. Et une société, une civilisation, ne se détruisent de leurs propres mains que quand elles ont cessé de comprendre leurs raisons d’être, quand l’idée dominante autour de laquelle elles étaient naguère organisées leur est comme devenue étrangère. Caracalla, fils de Septime Sévère, mercenaire africain d’origine syriaque devenu empereur romain, contribua de façon décisive à la chute de Rome par l’édit portant son nom en l’an 212, accordant la citoyenneté romaine à tous les habitants de l’Empire, sans distinction d’origine.

L’art grec de la curiosité

Les grandes civilisations abordent le monde non pas avec crainte ni par une capitulation naïve, mais avec une confiance fondée sur la réalité qu’elles bâtissent. De telles civilisations ne se replient pas sur elles-mêmes jusqu’à s’y éteindre ; elles possèdent quelque chose qui échappe à notre époque et à nos schémas de pensée : un centre vivant, un noyau fécond qui se projette avec assurance vers l’avenir. C’est ce qu’elles protègent à tout prix, sans pour autant s’y barricader. Les Grecs offrent l’un des exemples les plus manifestes de ce phénomène, tant dans son expansion que dans son repli. Les débats contemporains sur l’identité et la civilisation oscillent souvent — jusqu’à l’extrême — entre deux pôles. D’un côté, le fantasme d’une ouverture totale : l’idée que toutes les cultures sont interchangeables, que la continuité n’a pas d’importance et que l’enracinement est suspect d’extrémisme. De l’autre, une rigidité défensive : la conviction que les cultures ne survivent qu’en se fermant à tout contact extérieur. Les Grecs suggèrent une troisième possibilité.

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Knossos, les femmes, et le bleu azur

La vibrante fresque « Ladies in Blue » offre un aperçu captivant du monde sophistiqué de la civilisation minoenne. Découvert au palais des Knossos en Crète, ce chef-d’œuvre date d’environ 1525-1450 avant l’an zéro de l’ère de domination idéologique de notre continent par la religion de Yeshua ben Yosef (alias Jésus). Il représente trois femmes élégamment habillées, leurs coiffures élaborées et leurs bijoux détaillés signalant un statut social élevé. Leurs poses dynamiques et leurs conversations animées suggèrent une scène vivante et gracieuse de la vie de la cour minoenne. La fresque est réputée pour son utilisation brillante de la couleur, en particulier le bleu azur frappant dérivé d’un pigment égyptien, mettant en évidence les techniques artistiques avancées des Minoens et les liens commerciaux étendus. Aujourd’hui, cette œuvre emblématique est préservée au musée archéologique d’Hérakleion, où elle continue d’être un puissant témoignage de la richesse artistique et culturelle de la Crète de l’âge du bronze.

Les deux piliers du monde antique méditerranéen

Dans la chronologie de l’histoire des Hommes, les plus hautes formes littéraires et intellectuelles d’Europe furent d’abord forgées en Grèce et à Rome.

Homère, Eschyle, Sophocle, Hérodote, Thucydide, Platon, Aristote, Euclide, Archimède et Hippocrate, ainsi que Cicéron, Virgile, Tite-Live, Sénèque, Tacite et les juristes romains, devinrent les références intellectuelles de l’Europe.

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