Outre l’aspect de quête spirituelle, y a-t-il un intérêt politique pratique utile à la résurgence du paganisme européen ? Oui, c’est le cas.
L’intérêt majeur pratique en matière politique est de porter un changement radical et drastique de notre société. Le nombre croît de personnes conscientes qu’il y a un très gros problème, de perversion des valeurs, de décadence morale, intellectuelle et physique, problème face auquel le paganisme est une excellente réponse pour inverser cette tendance mortifère et tirer l’homme vers le haut, en développant la facette spirituelle de l’homme indo-européen qui fut longtemps une force de notre peuple. Le paganisme permettrait aussi d’avoir un fonctionnement davantage axé sur la communauté locale.
Depuis la chute de l’Ancien régime, nous vivons dans un système jacobin où tout est centralisé à Paris, et dans lequel le peuple, bien qu’il soit qualifié de « souverain » (quelle tromperie !) n’a finalement pas son mot à dire, dans une politique qui se dit pourtant « démocratique ». Alors certes, les décisions qui sont à prendre à l’échelle nationale requièrent un investissement que seuls peuvent se permettre ceux qui se consacrent à la profession politique, investissement pour lequel l’homme de la rue pris par son travail, sa vie de famille, ne peut fournir d’équivalent. Mais une société où le paganisme retrouve sa place permettrait un fonctionnement davantage local dans lequel l’individu aurait davantage de poids, les décisions qu’il prendrait seraient à l’échelle de sa communauté, de son village ou de son département, voire de sa région, à l’image de la démocratie directe suisse où des assemblées de villages décident de certaines choses d’application locale, selon le « principe de subsidiarité ». Davantage de démocratie locale, et les seuls pouvoirs régaliens à l’Etat centralisé : une vision qui concorde avec le paganisme. Les sociétés païennes indo-européennes ont toujours fonctionné en « tribus » territorialisées. Le paganisme est une tradition qui demande un fonctionnement assez clanique. La résurgence du paganisme entraînerait par ailleurs un retour des valeurs viriles et guerrières du côté de l’homme, et bien sûr la douceur et la féminité du côté de la femme.
Comment concilier ce paganisme avec une vision politique de nos pays européens ? Cela doit passer par l’influence du paganisme dans la culture générale, que ce soit par la littérature, par la documentation disponible sur l’internet, et par le cinéma (un cinéma national arraché des griffes du monopole de la pensée gauchiste). C’est la voie pour aider à la résurgence du mouvement païen, une influence dans toutes les sphères culturelles, ce qu’ont fait Gramsci et les marxistes au bénéfice de leur idéologie. Cela pourrait passer également par un retour à la sacralisation de certains lieux, forêts, plaines, tourbières, montagnes, que l’on laisserait débarrassés de toute influence humaine mis à part pour certaines activités traditionnelles ponctuelles, rituelles, spirituelles, célébrations, qui pourraient s’y dérouler pour honorer les esprits, les forces cosmiques, à l’image de Stonehenge par exemple en Angleterre.
Le paganisme restauré serait aussi promoteur de natalité chez nos peuples, puisqu’il est fortement lié au sang. Se connecter aux divinités passe par le sang – certains ne l’ont pas oublié – on le voit au travers de beaucoup de choses, des rituels, des sacrifices dans le passé, il y a toujours eu une question de sang, d’hérédité, de filiation généalogique au travers de toutes les croyances divines, ce n’est pas pour rien si ces hommes sont reliés par leur sang, par leurs gènes, et c’est ce qui fait qu’un peuple va croire en ses dieux, c’en est le cas pour le paganisme indo-européen.
Celui qui est en quête d’auteurs pour explorer cette piste peut se tourner vers Dominique Venner bien sûr, qui a fait un formidable travail pour réveiller une nouvelle morale indo-européenne. Mais aussi Julius Evola avec son Impérialisme païen, et Georges Dumézil avec son Mythes et Dieux des Indo-européens par exemple, qui lui a fait un travail davantage d’historien, mais qui donne une vision très fidèle de la société indo-européenne au travers de ses études, un auteur qu’il est indispensable de suivre si l’on veut vraiment avoir une vision et une compréhension indo-européenne et païenne de la société.
A ceux qui se sentent attirés vers une pratique cultuelle (et pas seulement un intérêt culturel), et s’interrogent sur l’avantage théologique et philosophique du polythéisme par rapport au monothéisme, sur leur éventuelle compatibilité, sur la possibilité d’un paganisme monothéiste, nous renvoyons tout d’abord à la lecture des articles de nos deux thématiques éponymes, Paganisme, Polythéisme, et Monothéisme. Ajoutons ici que la première chose qui va distinguer le paganisme, le polythéisme et le monothéisme, c’est tout simplement une liberté de culte chez les deux premiers, avec certaines façons d’exprimer le sacré, de prier, de méditer, d’interpréter ce qui a été écrit dans certaines traditions ou légué oralement dans d’autres, les témoignages qui ont pu nous parvenir de certains auteurs grecs ou romains, scandinaves. Une liberté de culte, même s’il y a bien sûr un socle commun.
Le paganisme engendre une meilleure compréhension de la Nature, parce que la pluralité des divinités répond mieux à la complexité du monde et à ses ambivalences. Cette Nature est sacralisée, le respect du vivant est un élément très important du paganisme et du polythéisme, sans rapport avec la récente récupération politico-gauchiste de l’écologie, les véritables et premiers écologistes ont toujours été les païens et ceux vivant au rythme de la terre et des saisons, le divin est ici, pas dans un dieu qui se proclame extérieur au monde, extérieur au temps (vision du monothéisme). Le paganisme cultive également une sacralisation des ancêtres. La période de Samonios par exemple chez les Gaulois était une période durant laquelle l’homme pouvait entrer en communication avec l’esprit des défunts. Il y a aussi bien sûr une recherche d’équilibre entre la dévotion du croyant et l’indépendance, le paganisme ce n’est pas la soumission à plusieurs dieux, le polythéiste n’est pas un repentant masochiste, c’est un homme qui s’adresse debout à des dieux amis qui n’exercent sur lui aucune menace, contrairement aux religions surnaturelles du salut qui sont, par définition, des religions de la promesse, l’arme du « chantage au salut » étant constituée par l’acte de foi qui pose, pour ainsi dire, une hypothèque sur l’âme du croyant astreint, chaque jour de sa vie, à payer un « ratio de foi » qui lui donne, tout au plus, le droit d’espérer un salut imaginaire, « à crédit » (Pierre Krebs). Il faut que l’individu comprenne que la dévotion et la vénération ne sont pas quelque chose d’obligatoire, cela dépend de chacun, et les Dieux ne peuvent pas demander tout et n’importe quoi aux hommes qui ont aussi leur libre arbitre, leur propre fierté, leur propre personnalité, et suivent leurs propres valeurs qui peuvent parfois ne pas être compatibles avec celles des Dieux. L’un des points les plus importants du polythéisme est la volonté de s’élever vers les Dieux, qui ont eu des hauts faits. Il y a aussi des héros qui ont pu atteindre les Dieux, et tout cela constitue des modèles, des exemples que l’homme peut suivre pour tenter à son tour.
S’agissant d’un « paganisme monothéiste », il ne serait tout simplement qu’une monolâtrie, cela a déjà existé par le passé avec les tribus sémites qui ont fini par ne vénérer que Yahvé. La compatibilité entre polythéisme et monothéisme est donc impossible. D’aucuns peuvent essayer de « tordre » les deux traditions dans tous les sens pour aboutir à une « soupe » totalement dénaturée. Ces deux traditions sont aux antipodes, elles ne sont pas conciliables, même si certains charlatans veulent faire croire à cette possibilité. Il n’y a aucune compatibilité possible entre polythéisme et monothéisme dans la mesure où ce dernier exclut la croyance en plusieurs divinités.
Les traditionnalistes catholiques espagnols partisans de l’Hispanité font valoir que celle-ci et les conquistadors ont mis un terme à la pratique des sacrifices humains qui avait cours en Amérique du Sud, chez les Incas, les Aztèques et les Mayas. La question de la pratique de sacrifices humains dans le paganisme indo-européen pose question à certains. Alors brisons le tabou. Oui, la pratique a existé partout, avant d’être remplacée par des sacrifices plus « doux », d’animaux, des offrandes de fruits et de boissons. On a retrouvé par exemple certains squelettes de corps qui avaient été noyés dans les tourbières qui étaient considérées par les Celtes, les Germains, les Scandinaves, êtres des portes vers l’Autre monde. Il y a eu aussi l’usage de lames, des égorgements. Mais c’est un domaine qui donne lieu à beaucoup de récits et où il faudrait pouvoir démêler le vrai du faux, savoir ce qui est ou non une exagération de certains auteurs (à des fins politiques) grecs et romains. Quoi qu’il en soit, la pratique chez les Indo-européens n’a jamais eu les proportions prêtées à la Méso-Amérique, nous n’avons pas trace de massacres d’envergure, c’étaient ici des évènements assez localisés impliquant peu de sacrifiés, souvent des esclaves ou des guerriers vaincus d’une armée adverse. Il va de soi que la résurgence du paganisme de nos jours ne s’accompagne pas de telles pratiques, nous ne sommes plus ce que furent nos lointains ancêtres.
La croyance n’est qu’un moteur pour les hommes qui la portent. C’est illustré par l’adage bien connu « Aide-toi, le ciel t’aidera ». Les Dieux ne s’affaiblissent pas si l’on cesse de leur porter attention, les Dieux sont immortels. Ce sont les hommes qui s’affaiblissent en ne croyant plus en rien. Les divinités sont affiliées à des peuples précis, ce sont ces peuples et pas d’autres qui ressentent leur action. Imaginer les dieux scandinaves influencer la culture africaine est dénué de sens, et inversement, les Africains ont leurs divinités, puissantes pour ces peuples-là. Les Indo-européens regagneraient énormément en force et en confiance s’ils revenaient vers leurs divinités historiques authentiques, parce que cela redonnerait un sens à leur identité aujourd’hui malmenée par la société mondialiste du mélange multiracial. Le monothéisme, et en ce qui concerne les Européens le christianisme est devenu puissant et a accru son influence par l’apport de fidèles transfuges des autres spiritualités. Les religions monothéistes sont des religions universalistes influencées par la quantité, là où le paganisme et le polythéisme sont davantage influencés par la qualité.
Ajoutons aux conseils de lecture La Voie du Paganisme de John Beckett, excellent ouvrage pour se lancer dans la curiosité païenne.

Si l’Indo-européen veut croître de nouveau, s’il veut atteindre une forme d’élitisme, il doit replacer au sommet les valeurs de courage, de vérité, d’honneur, de fidélité, de loyauté, de discipline et de persévérance.
Bien entendu, celui chez qui s’éveille un intérêt pour le paganisme va trouver face à lui deux types d’ennemis implacables : le monothéiste, particulièrement le musulman aujourd’hui, le musulman pour qui le païen est un idolâtre et ce qui peut se faire de pire en matière de « mécréance » puisque ce dernier ne reconnaît pas les religions du « Livre » des monothéistes, et… le républicain : deux autres types affiliés à une religion.
– Si le paganisme doit renaître un jour dans notre pays, a écrit Jean Haudry, ce ne sera pas à partir de reconstructions érudites, de rêveries d’esthètes ou de mystiques ; ce sera au sein de communautés de combat. Ce sont souvent elles qui constituent la source des communautés naturelles au cours de l’histoire. […] Nul besoin d’être prophète pour prédire la nature de l’affrontement ; l’ennemi n’est pas à nos portes, il est dans nos murs. L’identité et la substance même des peuples d’Europe sont menacées à brève échéance par la convergence de leur dénatalité, de l’immigration de peuplement et de l’implantation massive de la religion musulmane. La position du paganisme s’en trouve changée du tout au tout. Au sein d’une chrétienté vivante, dont les peuples d’Europe constituaient initialement le corps, les païens n’étaient guère que les survivants d’un passé révolu, les anciens combattants d’une guerre perdue. Face à l’islam conquérant, les adeptes des » religions du Livre » peuvent espérer le statut privilégié de » dhimmi « , citoyen de seconde zone, mais toléré. Ce douteux privilège est refusé aux païens. Nul doute qu’ils ne soient à la pointe du combat : ce sont eux qui ont le plus à perdre. Les païens seront le fer de lance de la résistance et de la reconquête, ou ils ne seront pas…
– Et le républicain, fanatique des idéaux des « Lumières », celui qui a écrasé l’obscurantisme du catholicisme pendant la Révolution française, dont les descendants idéologiques tiennent toujours la France (voir la pensée de Vincent Peillon, La Révolution française n’est pas terminée), le républicain qui ne jure que par la déesse Raison et par la seule Eglise qui lui soit acceptable, celle de la République : la franc-maçonnerie « scientiste », celle du Grand Orient de France, le républicain et son outil de « sensibilisation » des enfants à la Raison, l’école de la République (d’où sa guerre contre les écoles privées confessionnelles dont la réussite qualitative le fait cauchemarder). Ce républicain combattra le païen à deux titres : du fait de ses idées politiques enracinées et identitaires ; du fait qu’il puisse croire à des fables « obscurantistes ».
Ces deux ennemis, le musulman et le républicain héritier de ceux qui massacrèrent les Vendéens, ne lui feront aucun cadeau. Mais que cela ne le dissuade pas de s’engager, tout au contraire. L’homme est aussi grand que la flamme qui brûle en lui (Bismarck).
