Zeus et Europe

Notre mythologie européenne est tellement plus belle que les fables misérabilistes du christianisme… Dans la mythologie grecque, Zeus tomba amoureux de la princesse Europe. Pour s’approcher d’elle, il se métamorphosa en un doux taureau blanc. Europe, attirée par le taureau, le para de fleurs et grimpa sur son dos. À cet instant, Zeus se précipita dans la mer et l’emporta jusqu’en Crète. Là, il révéla sa véritable apparence divine. Europe devint plus tard la mère de trois fils – Minos, Rhadamanthe et Sarpédon – et épousa finalement le roi Astérios de Crète.

Bellérophon et Pégase

Bellérophon ne dompta pas Pégase par la seule force, mais grâce à l’aide et à la discipline divines. Selon la mythologie grecque, Pégase était insaisissable par les moyens ordinaires. Après de nombreux échecs, Bellérophon implora les dieux. Athéna lui apparut en songe et lui offrit un mors d’or. À son réveil, le mors était à ses côtés. Il trouva Pégase s’abreuvant à la source de Pirène, à Corinthe. Tandis que le cheval ailé se cabrait, Bellérophon, avec calme, lui mit le mors d’Athéna. La magie de ce don permit de maîtriser Pégase, non en brisant sa force, mais en unissant la volonté humaine à l’ordre divin. Ceci est symboliquement important : Pégase se soumet non à la force, mais à la sagesse, à la retenue et à la faveur des dieux. C’est seulement ainsi que Bellérophon put le chevaucher pour vaincre la Chimère et accomplir des exploits héroïques.

Sagesse romaine

Certaines tombes romaines portent une inscription courte et étonnante : « NFFNSNC ». C’est l’acronyme d’une ancienne phrase latine : Non fui, fui, non sum, non curo. Ce qui signifie : « Je n’étais pas, j’ai été, je ne suis plus, je m’en moque. »

Elle était gravée par des personnes qui croyaient qu’il n’y avait rien à craindre avant la vie, et rien à craindre après. Cette formule est profondément marquée par la pensée épicurienne. Les épicuriens considéraient que la peur vole notre tranquillité, et que s’inquiéter de l’après-vie n’apporte rien de bon aux vivants. Pour eux, la vie doit être appréciée tant qu’elle est là, et sa fin ne devrait effrayer personne. Inscrire ces mots sur une tombe était une manière de dire aux autres : ne redoutez pas ce que vous ne pouvez pas maîtriser.

Ce qui rend cette inscription encore remarquable aujourd’hui, c’est son honnêteté. Elle ne promet aucune récompense éternelle, n’annonce aucun châtiment. C’est simplement une acceptation paisible de l’existence telle qu’elle est. La personne a vécu son temps, il s’est achevé, et elle l’a affronté avec calme. Un message plein de bon sens… toujours aussi puissant, même des siècles plus tard.

Kalos Kagathos

Les Grecs, en particulier les Spartiates, étudiaient la physionomie pour analyser le caractère, la personnalité et finalement l’âme d’un individu en fonction de ses caractéristiques physiques, notamment de son visage, au point que dans certains États grecs, la laideur était pratiquement une malédiction. On croyait aussi que la beauté et la complaisance de certains attributs étaient une expression de noblesse nécessaire au porteur d’un beau corps. Les créateurs des statues grecques les ont réalisées en sachant que le visage humain, en parfaite proportion avec l’esprit, représentait donc non seulement un beau corps mais un beau corps portant une belle âme.

— Julius Evola

Trésors du Pirée

En 1959, des ouvriers installent des canalisations au Pirée, le port d’Athènes. Alors qu’ils bêchent la terre à un croisement, le fer de leur outil résonne soudain sur une main de bronze surgie de l’Antiquité.

Nous sommes au croisement des rues Philônos et Georges Ier lorsque les ouvriers mettent fortuitement au jour, à 1,50 mètre de profondeur, l’extrémité d’une statue enterrée depuis deux millénaires. Immédiatement, les services archéologiques sont contactés, et ce sont les archéologues Ioánnis Papadimitríou et Euthymios Mastrokostas qui mènent les fouilles dans cette zone nord d’Emporion, centre commercial du port marchand de Kantharos.

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Le mécanisme d’Anticythère

Au printemps 1900, des pêcheurs d’éponges grecs, pris dans une tempête, cherchent un abri sur la petite île d’Anticythère. Profitant d’une accalmie, l’un d’entre eux, équipé d’un scaphandre, découvre par hasard une épave antique. Ce qu’il va alors remonter du fond des mers bouleversera à jamais nos connaissances sur la Grèce antique.

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Le larnax de Philippe II

Ils prennent ces ossements
Les déposent dans un coffret d'or
Qu'ils cachent ensuite
Sous de molles pièces de pourpre.
Après quoi, sans retard,
Ils les mettent au fond d'une fosse,
Et, par-dessus, étendent un lit de larges pierres.

- Iliade, obsèques d'Hector.

Merveille parmi les merveilles de l’orfèvrerie grecque, ce larnax – coffret funéraire – en or contenait les ossements calcinés de Philippe II, roi des Macédoniens, père d’Alexandre le Grand, soigneusement enveloppés dans un manteau de pourpre près d’une couronne de chêne. Sa forme simple, sublimée par le travail remarquable de l’or, rappelle que les larnakes étaient originellement en bois.

Milieu du IVe siècle av. J.-C. Or, royaume de Macédoine. Musée des tombes royales, Vergina.

Le bestiaire de Rome

Alfredo Cattabiani, décédé en 2003, était un intellectuel de grande valeur, trop vite oublié par le milieu culturel auquel il appartenait. À travers ses œuvres et, surtout, sous la direction de maisons d’édition comme Dell’Albero, Borla et Rusconi (dont le catalogue a d’ailleurs été réédité par la suite par Adelphi de Calasso), Cattabiani a exercé une pédagogie obstinément traditionnelle. Un de ses livres d’une valeur incontestable, Bestiario di Roma (Bestiaire de Rome), publié par Iduna (sur commande : associazione.iduna@gmail.com, pp. 392, euro 25.00), est récemment paru en librairie. Dans ces pages, très denses en termes de contenu, l’auteur introduit le lecteur à la compréhension du sens profond de Rome et de sa mission. Il le fait en décodant et en clarifiant le sens du bestiaire symbolique que les visiteurs de la Ville éternelle ne peuvent manquer de remarquer dans les frises des palais nobles, dans les temples antiques qui ont survécu ou sur les façades des églises de la Renaissance et du Baroque : « Un bestiaire luxuriant sculpté ou peint peuple le sous-sol et les rues de cette ville à la beauté opulente […] un labyrinthe babylonien dans le temps » (p. 7). Le volume est enrichi d’un remarquable appareil d’illustrations et de photographies qui facilitent la compréhension du récit.

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