Une religion qui fait naître tout être humain en état de pêché héréditaire, qui lui attribue une nature déchue, qui en fait un pêcheur tenu de demander qu’on ait pitié de lui, qui ne parle que d’amour indiscriminé, de repentance, de repentir, de rédemption et de pardon, est mal armée pour faire face aux défis de notre temps et surtout pour susciter une résistance sans états d’âme. À la morale du pêché, cependant, on peut toujours opposer l’éthique de l’honneur. Dans l’éthique de l’honneur, on ne se repent de rien. Quand on fait une faute, on en tire la leçon. On oublie souvent mais on ne pardonne pas plus qu’on demande à être pardonné. On ne s’explique pas, on ne se justifie pas. On ne se plaint pas, on ne se pose pas en victime, on ne cherche pas à faire un instrument de pouvoir d’une souffrance réelle ou supposée. On ne s’agenouille pas, on ne courbe pas la tête. On vit et on meurt debout.
— Alain de Benoist
