La vérité sur la légende du Graal

La légende Arthurienne du Graal se rattache au très ancien thème celtique des chaudrons de résurrection et d’abondance, symboles d’initiation et d’immortalité, dont Dagda, le dieu-druide, est le gardien. On en possède une représentation remarquable grâce à la découverte au Danemark , en 1880, du chaudron de Gundestrup (image ci-dessus), daté d’un siècle avant l’ère chrétienne.

L’une des plaques constituant ce chaudron représente un géant qui plonge des guerriers dans un « graal » d’où ils ressortent pleins de vigueur nouvelle.

Dans le Perceval du trouvère champenois Chrestien de Troyes, le Graal est décrit comme un vase, sans AUCUNE référence au christianisme. C’est un certain Robert de Boron, manifestement zélote propagandiste dans l’âme, qui ensuite dans son roman en vers sur le Graal procède à une falsification-récupération (un « classique » de la propagande chrétienne contre le paganisme), au service de cette religion importée du désert, en faisant du Graal une relique chrétienne par assimilation à la légende galiléenne de Joseph d’Arimathie, dénaturant ainsi notre légendaire chevaleresque Arthurien.

L’influence ecclésiastique était déjà sensible dans ce Roman de l’histoire du Saint Graal que Robert de Boron écrivit vers 1200. Elle se manifesta plus encore dans la Queste du Saint Graal, écrit vers 1230 derrières les murs d’un monastère cistercien. On découvrait dans ce roman le personnage nouveau de Galaad, chevalier dévot (ce que n’étaient ni le Lancelot ni le Perceval des auteurs précédents), autre fabrication donnée en modèle d’influence pour affermir l’emprise de l’Eglise sur le monde de la chevalerie européenne. Dans certains contes, l’épée cédait ainsi devant la croix.