Les grosses ficelles du monothéisme

On n’insistera jamais assez sur le fait que les révélations du monothéisme ne recèlent pas la moindre preuve de divinité ou d’origine divine. Mais admettons néanmoins, pour le besoin de notre propos, que quelque chose ait été révélé à une certaine personne et pas révélé à d’autres. Ce n’est une révélation que pour cette personne seulement. Quand elle le raconte à une deuxième personne, la deuxième à une troisième, la troisième à une quatrième et ainsi de suite, cela cesse d’être une révélation. Ce n’est une révélation que pour la première, et « ouï-dire » pour toutes les autres et par conséquent les autres ne sont pas tenues d’êtres crédules. 

C’est une erreur aussi bien dans la terminologie que dans l’idée, que de donner le nom de révélation à quelque chose qui parvient en seconde main, que ce soit verbalement ou sous la forme d’un écrit. La révélation est nécessairement limitée à la première communication. 

Il est par ailleurs étrange que le Dieu « unique », quand il décide de se manifester, ne le fasse qu’à un seul individu, Moïse, Jésus ou Mahomet. Pourquoi ne se révèle-t-il pas aux masses, dans un stade de football, le jour d’une finale de coupe du monde, quand des millions de téléspectateurs suivent la retransmission ? Si ce Dieu « unique » voulait que les gens croient en Lui, pourquoi faire une poignée de miracles dans un lieu isolé où seules quelques personnes en sont témoins ? Au lieu de guérir quelques malades, pourquoi pas tous les mal portants ? Au lieu de faire un miracle à Fatima, un village portugais où trois enfants illettrés auraient eu des visions en 1917, pourquoi ne pas avoir mis un terme, quand on a une puissance telle que l’on a pu engendrer la Création de l’univers, à l’énorme massacre de la Première guerre mondiale qui se déroulait cette année-là, ou l’empêcher dès le début ? 

Assez rigolé ! Ces Dieux du monothéisme ont la manie, quand ils souhaitent se révéler à l’humanité, de ne communiquer qu’avec une seule personne. Le reste de l’humanité doit apprendre la « vérité » de cette personne unique et payer le prix de la connaissance du divin en se subordonnant à elle (ce qui est le propre de tous les gourous de sectes), puis à une institution humaine hiérarchisée avec son clergé, de telle sorte que le divin demeure toujours sous le contrôle d’autres personnes.