Combattre le mensonge sur la distinction islam/islamisme

C’est une affaire fondamentale parce que tant que ce mensonge sera entretenu, les peuples d’Europe ne seront pas intellectuellement armés pour résister à l’islam. De quoi s’agit-t-il ?

L’observateur du discours dans les médias français autorisés peut le constater aisément, dès qu’il s’agit de s’exprimer sur l’islam et ce qui est qualifié d’ « islamisme », le chroniqueur, le journaliste, prend immédiatement le soin de préciser que ce sont deux choses distinctes et à ne pas confondre. L’unanimité du discours est flagrante. Or, ce mensonge est insupportable à toute personne qui a pris la peine de s’informer véritablement sur le sujet, donc de s’informer au-delà de ce discours « mainstream » généralisé. Généralisé sans doute sous la menace de sanctions de la part des autorités politiques via leurs instruments de contrôle et de répression. Il est interdit dans le narratif officiel de dire que islam et islamisme c’est la même chose. Pourtant…

Pourquoi ce mensonge ? Faisons la démonstration. D’après le dictionnaire Le Robert, l’un des deux – l’autre étant le Larousse – références populaires de la langue française, le mot « islamisme » fait son apparition dans le vocabulaire français en 1697, et le mot « islam » en 1828. Il est clair qu’en 1697, islamisme, avec sa terminaison en isme, sert naturellement et tout simplement à nommer la religion, comme on l’a toujours fait du christianisme, du catholicisme, du protestantisme, du judaïsme et du bouddhisme, ou de toute doctrine ou activité (capitalisme, communisme, journalisme, cyclisme…). Pour ces autres religions à la terminaison en isme dans leurs noms, il n’a jamais été question de penser et de dire qu’il s’agit de doctrines terroristes. Et les deux termes, islamisme, islam, sont considérés comme synonymes jusqu’à la moitié du XXe siècle. De cet usage classique, on peut trouver des exemples, dans le Voyage en Orient de Gérard de Nerval par exemple, publié en 1851 (« un pauvre diable de Français (…) avait résolu de se faire musulman, et ce qu’il y avait de plus singulier, c’est que sa femme aussi voulait embrasser l’islamisme…), dans l’ouvrage fameux de Renan, L’islamisme et la science (1883), et jusque dans Coke en stock de Hergé (1958).

Vers le milieu du XXe siècle, cependant, émerge un deuxième sens donné à « islamisme », qu’atteste le dictionnaire Le Robert sans en préciser l’origine historique : le sens de « mouvement politique et religieux prônant l’expansion ou le respect de l’islam ». C’est tout. C’est peu. Et c’est embarrassant. Car, enfin, quelle différence de nature, de contexte, peut-il y avoir entre l’islam d’un côté, et de l’autre un mouvement politico-religieux prônant le respect de l’islam ? Aucune évidemment. Les deux servent la mêm cause. Qui d’autre mieux qu’un adepte de l’islam peut prôner le respect ou l’expansion de l’islam ? Tout comme qui d’autre mieux qu’un adepte du christianisme peut prôner le respect ou l’expansion du christianisme ? Qu’ont fait les Jésuites en Asie au Japon si ce n’est promouvoir l’expansion de leur religion ? Tout comme les conquistadors espagnols en Amérique du Sud ? Tout comme les « pères blancs » en Afrique ? N’est-il pas dans l’ordre des choses qu’une religion tende à faire des convertis ? Pourquoi pointer une volonté particulière de l’islam à s’étendre, au prétexte que son autre appellation se termine en isme, alors qu’on ne l’a pas fait du christianisme dont le nom finit lui aussi en isme et qui a pourtant bien mené une gigantesque opération de son extension à travers le monde ? Qui ne sait que l’islam, en particulier, est fortement enclin au prosélytisme ? Et qui, ayant lu le Coran, peut ignorer qu’Allah promet aux vrais croyants – autrement dit à ses adeptes – la victoire définitive, au jour du Jugement dernier, sur toutes les autres religions ? (voir, par exemple Sourate VIII, Verset 19).

Or, depuis que l’islam est générateur d’attentats et d’actes de Jihad sur notre territoire, à entendre la classe politique et ses perroquets médiatique, il y aurait une différence entre islamisme et islam. Et selon ces gens qui sont soit des ignorants soit des menteurs manipulateurs, ce serait une différence de nature. L’islamisme, disent-ils, n’est pas le « véritable » islam, il est le nom occidental d’une « mouvance », c’est-à-dire d’un ensemble de courants représentatifs, selon certains, d’un islam « radical » ou « politisé », et, selon d’autres, d’un « fondamentalisme » musulman, l’un et l’autre étant marginaux, une déviance. Cet argumentaire a évidemment été forgé pour dédouaner l’islam de sa responsabilité dans ce que nous subissons, et tenter de faire tenir son acceptation dans le corps social français. Rien ne saurait venir contrarier l’utopie du « vivre-ensemble » dans le melting-pot mondialiste multiracial radieux. Mais dans le concret, les deux définitions s’équivalent pratiquement. Tout « retour » aux fondements de l’islam implique en effet une politisation de l’islam, dans la mesure où l’islam, comme la plupart des grandes religions et sans doute plus que n’importe quelle autre religion, s’est voulu inséparable, dès le départ, d’un projet politique global, valable pour la « Oumma » (la communauté des croyants) dans sa totalité, par-delà ses cloisonnements artificiels (linguistiques, nationaux, etc.). Quelle différence de nature peut-il y avoir entre une religion (quelle qu’elle soit) et le fondamentalisme qui lui correspond ? Ou encore, entre les croyances d’un adepte de cette religion et les croyances d’un fondamentaliste professant la même religion ? La réponse (aisément vérifiable : il suffit d’interroger des juifs, des chrétiens ou des musulmans pieux) est : AUCUNE DIFFÉRENCE. En termes de croyances religieuses, il ne saurait y avoir aucune différence de nature entre le simple croyant suivant sa religion de façon « light », incomplète (qui ne suit pas l’obligation de jihad par exemple) et le fondamentaliste. L’un comme l’autre puisent leurs croyances dans le même « stock » de base. Ils lisent le même livre. Il n’y a pas de différence de nature entre islam et islamisme, le second ne faisant que s’inscrire dans le cadre des principes posés par le premier. C’est la raison pour laquelle « l’islamisme » ne peut être ouvertement désapprouvé par aucun musulman pieux ou simplement conformiste.

L’absence de différence est clairement exprimée par Ferhat Mehenni, président du gouvernement provisoire kabyle en exil à Paris : « L’islam c’est l’islamisme au repos, et l’islamisme c’est l’islam en mouvement. C’est une seule et même affaire ». Anne-Marie Delcambre, islamologue agrégée d’arabe classique mentionne : « L’intégrisme n’est pas la maladie de l’islam. Il en est la lecture intégrale. L’islam des intégristes, c’est tout simplement l’islam juridique qui colle à la norme. »

En conséquence, la seule différence existant entre islam et islamisme ne saurait donc être qu’une différence de degré, pas de nature. Le musulman fondamentaliste, intégriste activiste qui passe à l’attentat, à l’agression armée est pleinement respectueux de ses textes (qui prescrivent ce combat, nous le verrons plus loin), par rapport au musulman placide – « modéré » selon l’expression chérie du Système – qui se contente des cinq prières journalières et du passage hebdomadaire à la mosquée, qui n’applique qu’une partie de ses textes. En d’autres termes, le fondamentalisme n’est pas, par rapport à sa religion, une excroissance étrangère, une forme de pathologie, un parasite, une déviance comme le prétend la classe médiatique et politique. Il n’est rien d’autre, en dernière analyse, que l’expression d’une application complète, respectueuse de tous ses préceptes, ce que peut ne pas faire le « modéré » qui néglige par exemple l’interdiction faite par le Coran (Sourate V Verset 51) de contracter amitié avec le polythéiste, le juif et le chrétien. Le fondamentalisme se confond par conséquent avec la religion elle-même. L’islamisme ne fait pas appel à des croyances d’une nature différente de celles qui constituent l’islam. Il n’est pas quelque chose de marginal, d’atypique, d’aberrent, de déviant puisqu’il fait en réalité partie intrinsèque du contenu. Il veut être l’islam entendu et appliqué à la lettre, dans la totalité de ses dimensions. L’islam pratiqué d’une manière qui ne laisse place ni au doute, ni au relâchement. Et puisque le texte prescrit de faire la guerre aux infidèles, celui qui s’en prend à ces derniers par des actes terroristes est le plus fidèle des croyants, parfaitement respectueux de cet aspect du texte. C’est le « modéré » qui est un « fidèle partiel ».

Si l’islam, par conséquent, n’était pas « dangereux », l’islamisme ne le serait pas non plus. Mais si – comme c’est le cas – l’islam inscrit à son programme la nécessité de son triomphe final sur toute les autres religions (et à plus forte raison sur l’athéisme et l’agnosticisme), alors l’islamisme est dangereux. Pour le dire autrement, sans islam, pas d’islamisme.

Lorsque l’on a compris tout cela, l’argumentaire fallacieux mais officiel du « pas d’amalgame », « l’islam n’est pas responsable », « c’est une religion de tolérance, d’amour et de paix », c’est l’islamisme qui est « l’acte de déséquilibrés », cet argumentaire s’effondre instantanément.

À l’appui du fait que l’islam prescrit le combat armé pour assurer son triomphe sur l’ensemble du monde, citons deux auteurs musulmans de premier ordre :

Ruhollah Khomeini (Chef d’État de l’Iran, dans ses Principes politiques, philosophiques, religieux et sociaux, traduits du persan par Jean-Marie Xavière, Éditions Libres-Hallier (Paris)

« Les musulmans n’ont d’autre alternative qu’une guerre sainte armée contre les gouvernements profanes. Une guerre sainte signifie la conquête de tous les territoires non musulmans. Il sera du devoir de chaque homme adulte robuste de se porter volontaire pour cette guerre de conquête, dont le but final est de placer la loi coranique au pouvoir d’un bout à l’autre de la terre ».

Alija Izetbegovic (Déclaration islamique, 1970 – ex-président porté au pouvoir en Bosnie avec le soutien des Occidentaux dans les années 1990 à la faveur du conflit contre les Serbes dans les Balkans)

« A la question « qu’est-ce que la société musulmane ? » nous répondons : c’est la communauté composée des musulmans et nous considérons qu’avec cela tout est dit ou presque tout. La première et la plus importante de telles conclusions est sans doute celle sur l’impossibilité du lien entre l’Islam et d’autres systèmes non islamiques. Il n’y a pas de paix ni de coexistence entre la religion islamique et les institutions sociales et politiques non islamiques ».

« Ayant le droit de gouverner lui-même et son monde, l’islam exclut clairement le droit et la possibilité de la mise en œuvre d’une idéologie étrangère sur son territoire. Il n’y a donc pas de principe de gouvernement laïc, et l’État doit être l’expression et le soutien de concepts moraux de la religion ». 

 « Le mouvement islamique doit et peut prendre le pouvoir dès qu’il est normalement et numériquement fort, à tel point qu’il puisse non seulement détruire le pouvoir non-islamique, mais qu’il soit en mesure d’être le nouveau pouvoir islamique ».

 « L’islam ne peut en aucun cas coexister avec d’autres religions dans le même État, sauf comme un expédient à court terme. Sur le long terme, par contre, après être devenus plus forts, dans un pays quel qu’il soit, les Musulmans ont le devoir de s’emparer du pouvoir et de créer un État authentiquement islamique ».

Tous ceux qui sur les plateaux télé et dans les médias bourrent le crâne de l’opinion, par ignorance ou par choix malhonnête, avec le discours des autorités faisant une distinction entre islam et islamisme, avec « l’islam est religion d’amour » pour écarter sa nature violente et conquérante sur le bouc émissaire « islamiste », pour tenter de faire accepter la présence de l’islam et la mystique du « vivre-ensemble », trompent leur monde et sont de dangereux menteurs/manipulateurs empêchant la prise de conscience du public sur les réalités de l’islam. Ils pavent la voie de la conquête de l’Occident par l’islam.